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Le rêve par le wattouat endetté

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Le rêve,

 

          On conseille souvent aux autres d’oser réaliser ses rêves… D’ores et déjà je peux vous dire qu’il vaudrait mieux pour l’humanité que la plupart de mes rêves ne se réalisent pas… Sauf si vous souhaitez vivre sur le dos d’un tyrannosaure, être un esclave qui mène une rebellions sanglante contre des bourgeois gentilshommes ou encore que nous soyons resté à l’âge des gaulois prêt à mourir avec les gens qui comptent le plus à nos yeux pour défendre une parcelle de terre.

 

           Je ne suis pas sûr moi-même de vouloir qu’ils ne se réalisent. Ce serait même l’objectif de nos rêves, les rêver pour ne pas les réaliser. Certains matins, je ris de mes rêves, insouciant de leurs conséquences. Je peux vous assurer qu’il en serait tout autrement si je devais assumer ce que les tourments de mon esprit m’ont fait vivre d’érotique ou d’héroïque.

 

        Donc, quand nous parlons de réaliser nos rêves, ce ne sont pas vraiment de nos rêves dont nous parlons mais plutôt de nos plus grands espoirs, de nos plus grandes attentes. Selon moi, il y a déjà une différence importante à souligner. Le second me semble plus conscient que le premier, il me semble plus murit. Je dis « il me semble » car, pour beaucoup d’entre nous, et nous le regrettons sans doute sans savoir pourquoi, nous n’avons pas de grands espoirs, pas de grandes attentes. Certains espèrent le bonheur ou l’amour sans en connaitre le sens, juste parce que ça sonne bien en musique ou à la télévision. Et si je n’ai pas de grandes attentes, ce n’est pour ne pas être déçu, bien au contraire cela me déçoit beaucoup, c’est plutôt que je n’ai pas trouvé quelque chose qui en vaille la peine.

 

            Et si c’était l’inverse ? Si nous avions trop d’attentes, trop d’espoirs … Nous partons du principe que nos attentes ne sont pas assez fortes que pour nous mettre en action vers leur réussite mais peut-être n’est-ce pas le cas. Peut-être que d’autres ont le même niveau d’attente, pas plus faible, pas plus fort, mais peut-être n’en ont-il qu’une, peut-être en ont il choisi une seule…

 

          Pour reprendre ce qui est dit, quand nous « rêvons » nous sommes seul à décider des tenants et aboutissants de notre objectif. Nous rêvons rarement du chemin pour y arriver ou encore du revers de la médaille, de l’aspect négatif de tout accomplissement. Il faut donc beaucoup de détermination, d’affirmation et, selon moi, un peu de naïveté pour travailler suffisamment afin d’atteindre ses rêves.

 

            Si nous rêvons d’être astronaute par exemple, avons-nous conscience du temps passé à étudier ? Et quelles matières ? Bien loin de celles d’un aventurier ! Avons-nous conscience des taches techniques et répétitives que nous devrons réaliser une fois notre rêve devenu réalité. Surement qu’on s’imagine plutôt flotter dans les airs ou marquer l’histoire par un exploit loin de la terre.

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        Si nous rêvons de devenir sportif professionnel, avons-nous conscience de la rigueur que cela entraine ainsi que les lourdes peines que nous allons vivre sur notre chemin. Et si je souhaite en vivre, comment gagner assez avec le sport ? Chacun ne rêve pas de devenir un footballeur professionnel ou tennisman. Certains rêves de danse, de culturisme ou d’escrime. Tout cela implique bien d’autre chose que la reconnaissance.

 

        Si nous rêvons encore de devenir un célèbre acteur de cinéma, avons-nous conscience des castings à passer, du réseau à créer ? Qu’est ce qui fait qu’un réussit et l’autre pas ? Ensuite, vais-je accepter d’être suivi dans la rue, de devoir me cacher, de vivre dans des hôtels ou des caravanes pendant des temps plus ou moins long ? Que vais-je faire subir à mon corps afin de ressembler au personnage que je devrais incarner ? Vais-je arriver à en sortir de se personnage ?

 

       Comment penser toutes ces choses et arriver en même temps à se focaliser sur un rêve pour le réaliser. Comment espérer réaliser ses rêves alors que le simple fait d’évoquer un « réaliser » implique la notion de réalisme qui nous fait réfléchir et ralentir.

 

        Comprenez moi bien, par tout cela je ne dis pas de ne pas rêver, je ne dis pas non plus de ne pas se battre pour atteindre son objectif. Je dis simplement que pour y arriver, selon moi, il faut être un peu naïf. La naïveté est trop souvent vue comme une chose qu’il ne faut pas avoir. Pourtant la naïveté peut être belle. Elle est de l’ordre du créatif, de l’imaginaire. Si vous arrivez à entendre le monde tel qu’il est vu par une personne faisant preuve d’un moment de naïveté, vous pourrez alors voyager dans un monde qui serait plus beau, plus simple et peut-être même plus naturel que le votre. Un grand peintre, un bon compositeur, un acteur doué … par sa prestation nous permet de nous évader quelques instants de notre vision du monde. Il en va de même d’un moment de naïveté. La naïveté à cela de beau qu’elle nous permet de voir un monde sous le prisme de nos attentes et c’est surement que celui-ci sera beau. Alors, si comme moi tu as du mal à dormir, ne t’empresse plus de réveiller une personne qui rêve mais permets toi de rêver à ses cotés, ne serait-ce qu’un instant et respire.

théologie et géométrie
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