L'illuminé, par la girafe noire
Il s’avança et, sur un ton calme pour commencer, dit: « Tantôt légère et paisible, parfois lourde et suffocante ou bien froide ou chaude, elle nous accompagne tous les jours. Elle oblitère parfois et permet souvent d’y voir plus clair ou de voir tout simplement.
-Tout en mimant par des gestes incompréhensibles et désordonnés- Certains tente de s’en cacher par écran ou fumées, à l’aide de sa main ou de verres encadrés et d’autres veulent la déformer. Par convection, connexion et même pulsations, on l’utilise pour changer la réalité. L’on dévie ou accentue son chemin pour permettre coquetteries ou enrichir sa vision du monde au travers de ce sens que dame justice a décidé de cacher.
Lorsqu’elle est divine elle fait commettre des folies, elle déchaine les passions et rassemble à foison. Invoquant celle-ci, on appauvri sous prétexte d’enrichir les cœurs. On corrompt les esprits en échange de l’espérance d’un après meilleur.
-Regardant le ciel- Mais quelle puissance !
Oh toi, illumination venue des cieux, pénètre moi et embelli moi ! -Il lève les bras et se met à genoux- Je me livre entièrement à toi, éclaire moi, transperce ma peau et mes croyances ! Cultive mon ignorance pour faire pousser mon obéissance ! Sauve moi de ce que j’ai pu faire afin de ne pas te perdre et tomber dans l’infinie obscurité !
-Allumant une lanterne et la plaçant près de son visage- Oui, l’obscurité, la noirceur, l’imperceptible vide, le silence absolu des yeux… Elle nous guette ! Elle attend que nous nous perdions et que nous nous écartions de notre chemin pour sombrer dans les bras de cette obscurité. Elle n’attend qu’une chose : que nous nous retrouvions en boule, à l’instar du fœtus, recroquevillé dans un coin de son infinie immensité !
Oh toi, aveuglante noirceur tout droit venue du nadir, ne m’emprisonne pas, laisse moi une chance d’échapper à ton inévitable écho silencieux de la fin ! Laisse-moi l’opportunité de ne jamais entendre retentir ton glas. »
-Posant sa lanterne, il cria : « AIDEZ-MOI »
-Ensuite, il pleura-
Le père jeta une pièce dans la cannette découpée grossièrement au couteau et qui tenait à peine sur les pavés déchaussés ou trônait le Messie. Pas n’importe quelle pièce, il prit le soin de sélectionner la plus vielle, sale et cuivrée possible. Elle trainait dans son portefeuille depuis des années. Un vestige ramené d’un voyage dans un pays pauvre ou la classe moyenne d’ici était reine, un trophée de sa richesse, de l’opulence malsaine que son égoïsme avait rapporté de « l’étranger ». Il se tourna ensuite vers son jeune fils pour lui dire les mots suivants : « Tu vois fiston, ça se sont les ravages de la drogue sur les gens qui ne veulent pas travailler. Voilà ce qu’il t’arrivera si un jour tu bois de l’alcool et que tu décides de te laisser aller. Tu le vois bien à son teint hâlé que cet individu vit dans l’échec qu’il n’est rien d’autre qu’un illuminé. »