Lumière des faits, par le dauphin orange
La très haute victoire de la lumière des faits
n'a que son silence à offrir
Qu'elle soit située ou diffuse, un rien discrète
présente et donnée
Un flux liquide nous ancre dans sa permanence
Chacun est maître d'un domaine immense et vide
L'image du dehors
fractale révélée à la lumière des faits
Le peupler d'armoires et de grillages
de métal torsadé aux couleurs rouille
Une nuit de brume phosphorescente
La première lune a la courbure
d'une paupière sans cils
Ou une journée descendante
Les linges pendus à contre-jour
ont des formes de corbeaux
Petits sacs assombris et affaissés
taches allongées
Mais les causes ne connaissent pas cette image
Et voilà que je deviens visible
la nuit dégouline sur les vitres
La tête constellée de pointes oranges
le train amorce son approche
Quel lieu étrange pour une révélation
Creuser avec l'esprit la terre granuleuse
De la corne au cerveau
à force d'avoir servi
Qui aurait pu prédire que la géométrie
serait une nouvelle fois la solution ?
Si les symétries n'existent pas
Alors il faut les créer
assouplir l'interface
Des yeux des deux côtés des paupières
La lumière des faits
berce le monde de sa présence
Elle baisse la tête
en respect pour la solitude
Cette anesthésie grise et gluante
Transparences agitées de mouvements
Nos reflets dansent sur les murs des maisons
Je n'ai pas d'ombre
à la lumière des faits