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Grand méchant loup par la visseuse noir néant

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Lorsque la désorientation commence à frétiller, je me mets à marcher. L’ascension me permet de prendre de la hauteur. Ici, le paysage offre du gigantesque. Il vous rappelle l’infime de votre être. Le vaste horizon céruléen vous donne une forme de légèreté. Le soleil invite à la sieste. L’insomnie m‘invite aussi à la fête. Je sautille comme une sauterelle, et chantonne comme une cigale. J’admire les courbures de la montagne. Sa chevelure blé d’or lui donne une allure de blonde platine lorsqu’elle luit au soleil. L’automne sonne et la rend encore moins monotone. Ca lui donne une air de blonde vénitienne. Des nuances de verts parcourent son échine. Enfant, je pensais que la montagne était endormie. Son caractère électrique s’éveillait  dans l’orage. Parfois, elle vous montrait son caractère sans faire pleuvoir.  Je n’y crois plus mais j’ai envie de me laisser bercer par certaines pensées magiques.  Dans mes souvenirs, la montagne était une dame. Et au vu de sa pilosité, elle n’est pas épilée. Ses formes généreuses attirent votre regard. Elle est à la fois sauvage et cadrée. Elle est un paysage à la fois escarpé, boisé et rocheux.

 

Ca lui donne beaucoup de personnalité. 

 

Mais je ne sais pas si le corps incarne votre personnalité.

C’est pour ça que je me sens de temps en temps désincarné. L’habitus laisse souvent plus de trace que votre caractère. La certitude de savoir qu’on n’oublie pas votre dégaine me rend triste.

Je pense que la montagne est une dame mais en fait on en sait rien. On parle d’un mont, on parle d’un pic, d’une ascension, d’un sommet, d’une cime, la marque culminante d’une acmé volcanique.

 

Non ?! personne ne dit ça ?!

 

On dit une ou un acmé ?

Je pense qu’on dit les deux

La montagne s’en fiche. Elle se fout de son genre. Elle s’en bat les couilles. A mon avis, elle est transgenre.

Dans tout les cas, je la trouve belle. Ou beau.. merde ?! Je sais plus quoi dire ?

Son caractère volcanique me donne encore plus envie de la connaître.

Et j’ai envie de l’ennuyer, de bien la faire chier pour voir l’éruption.

Parce que je suis un emmerdeur, un sale gosse.

Surtout quand j’aime.

 

Il est temps de descendre et de retrouver la buse perchée, l’ermite au chant italien. Je déteste les descente ; Faut se retenir, faut se maintenir. Elle n’invite pas à l abandon. Et comme la montagne m’offre son don, j’ai envie d’être dans l’abandon. Parce que oui ?! j’emmerde Marcel Mauss et sa conceptualisation du don-contre don : une conception basée sur la comptabilité de l ‘offre et de l’intérêt ; un échange équivalent où l’équivalence n’a de nom que l’histoire qu’on se raconte. Et parfois, ce conte n’apporte que souffrance ; parfois, il vous apporte tellement de bienveillance.  Quand j’aime, je donne et n’attends pas qu’on me contredonne. Je m’en contrefiche de ce contre don que j’affectionne juste par le sourire que l’autre me donne. Quand j’offre ça resonne. CA TONNE ?!  ça me donne ..l’envie de danser...Merde ?! En fait, je valide la conception conne de Marcel.

En embrassant la fin de cette ascension, mon chemin se transforme en balade mnésique.

La passivité vous invite à l’activité. La pause vous invite à la prose. La fatigue vous enivre ici.

Alors je vomis, et je commence à monter en souvenirs..

J’entends mon compagnon de route, qui ressemble étrangement à un engoulevent roucouler : « mes jambes ne sont pas faits pour monter… l’acide lactique arrive »…Il a l’air au bout de sa vie. Moi, mes jambes sont toujours sous acide. Elle fait fondre mes mollets jusqu’à l’os : ca leur donne une capacité d’invisibilité. J’ai des mollets de nourrisson. Je suis sec comme du pain rassi, transpirant à peine. Sans doute parce que je perds toute mon eau dans ces gouttes qui montent souvent en cascade au niveau du visage. Peut-être de la bave ?

On arrive sur un plateau clairsemé de lumière estivale, photographiant un lac dont le reflet de la végétation lui donne l’aspect d’un vert jade, ou émeraude ? Un très beau miroir de Montagne où la lune s’y regarde tout les soir avant sa baignade. J’ai envie de rester la voir et percevoir la vie nocturne ; pouvoir sortir dans cette boite de nuit qui ne s’ouvre qu’en l’absence de l’être humain ; entendre des bruits et le brame d’une autre vie ; ne pas être connu et encore moins reconnu. Ici, le soleil ne vous tape pas. Il invite par sa chaleur à faire sueur. Elle scintille la peau de mon compagnon. Je me demande s’il peut percevoir mon humidité intérieure. On est entouré d’oiseaux. Des casses-noix mouchetés s’acharnent sur leur péché mignon. Des rougequeues noirs dandinent et fuient de roches en roches. Des bergeronnettes grises twerk et battent la mesure avec leur queue.  J’aperçois des sittelles danser et je recherche une flèche coloré surfant sur le point d’eau.  Avec ces 2 derniers oiseaux, j’explose en pensée et m’immole dans le feu des possibles. Il est chaud et réconfortant comme un doux foyer. Je m’imagine ; la petite danseuse bourgeoise râler de fatigue, pestant avec sa véhémence mignonne face aux zanzare tout en sublimant par ses onomatopées si singulières, la beauté des terres, du terroirs, des fruits, des desserts glacés que les glaciers gustatifs et montagneux offrent, dans son ambivalence si caractéristique, si chaotique où son amour pour la vie l’empêche de choisir… des souvenirs créés de toutes pièces mélangeant le passé pour les faire advenir dans un espace temps vide ;

Le songe se poursuit : j’entends l’incandescente professeure monter d’arrache-pied, ne sachant pas ou mettre ses souliers, trébuchant, de temps en temps, me demander de l’accompagner dans cette marche en lui prenant la main. Je sens encore sa peau entre les doigts. Sa douceur dans ma paume et avec son ardeur, toute la sueur qui s’y dégage. Elle rigole car je lui dit qu’elle a les mains moites. La voyant galérer, je lui demande si elle souhaite redescendre. Sa réponse est claire. Je vois dans son regard toute son envie, son intention d’avancer ; ensemble. Elle a toujours été pour moi une volonté renfermée sur elle-même, une détermination. Malgré une météo interne plutôt pluvieuse, le feu des possibles commence à me brûler. Comme quoi, un même souvenir peut vous réchauffer tout comme il peut vous brûler. Et là, il devient incandescent.

Il faut que  je décolle, je m’envole.

Je reviens à moi dans l’instant présent.

Je sautille de manière précipitée dans la descente escarpée, m’appuyant sur les rochers évitant la chute, tout en voulant la rencontrer. Mes appuis sont très bas. Je dois accompagner le mouvement, être guider par la descente tout en ne se lassant pas tomber. Mes chevilles sont des ressorts. Car le sol est devenu de la lave en fusion comme enfant, on s’imaginait avec mon frère que le magma avait remplacé le parquet. La montagne est en explosion surmontée par mes pensées en ébullition. Je réalise des pointes pour faire des petits bonds. Je crée un frottement avec la gravité.  Je rejoins l’éruption. Mon cœur pulse. Je suis apeuré par sa chute et sa force. Il peut vite s’emballer avec certaines pensées, certaines cognitions, avec certaines personnes. J’ai souvent peur de mon cœur.

Il dévoile ma fuite.

Je dévale et je décampe.  Mon talon dérape pour rencontrer le sol. Il m’embarque dans le vide qui n’est pas encore plein. Et je chavire comme un continent à la dérive. Je roule, je coule et je rencontre le sol. Je vibre un instant et je m’enfouis dans un écran noir. Le choc me téléporte à Charleroi , mélangeant le songe et la mémoire épisodique, le rêve et la réminiscence.

 

 

Je suis sur un banc entrain d’attendre.

 

 

Je ne sais quoi ? 

J’attends tout le temps. Et je sais que parfois, le temps n’est pas assez long pour oublier, surtout quand on ne veut pas oublier. Je regarde le passage des gens. La suite de la foule.  Jacques me chante qu’il est plus humiliant d’être suivi que de suivant ; je n’en sais rien mais je compte et décompte les gens passer comme ces moutons qu’on compte pour s’endormir. Pourtant, il me semble qu’il est midi. Le zénith du soleil me le chuchote à l’oreille.  Peut-être que ce compte m’évitera l’insomnie.

 

Cynthia arrive près de moi. Elle me salue en m’appelant ; « le garçon à la guitare ». Elle ne sait par dire mon nom car la lettre T se transforme en Tch sur ses lèvres carolégiennes marquées. Elle me dit qu’elle est sans domicile qu’elle a besoin de vivre. Je lui demande comment elle va et je l’invite à s’asseoir. Elle me remercie de prendre en considération sa présence : « D’habitude, on m’évite tu sais, on me nie ». Elle m’explique, à chaque fois, sa carte de visite, son histoire, la place que la société lui a donnée qu’elle s’accapare en choix. Je l’entends dire qu’elle est à la rue, qu’elle a faim et qu’elle cherche un peu de sous pour manger ; « une pièce pour bouffer ». Sans doute de l’argent pour s’évader en fumée sniffée et rejoindre un paradis par un artifice.  La répétition terminée, elle enclenche la singularité dans un discours enfin engagé et incarné:

« Mais en fait, on se connaît » me dit-elle

Elle continue, son flot est rapide :

« Bah oui ?! On se voit quasi tout les jours maintenant. Ah oui le musicien chargé ?! tu as vu que j’étais enceinte….Maintenant j’ai plus de ventre, il a fondu. J’ai accouché dans la rue, comme ça, pouff sans rien ». 

Je lui répond qu’elle est sans doute très courageuse et forte d’avoir fait ça. Elle me coupe

« Ryan a quand même appelé l’ambulance. Ma fille s’appelle Lou ».

Elle s’embarque dans son discours, où je ne comprend pas tout sans doute heureuse d’avoir une écoute.

Je la relance en disant :

« Pourquoi Lou ?

-C’est le diminutif de Lilou ».

Je lui souris

Un silence invite à prendre la pause ;

Sa demande le brise : « Pour 20 euros je te suce ».

Je refuse la fellation poliment.

Elle me répond : « En même temps au vu de ta trogne, tu n’a pas besoin de payer pour te faire sucer ».

Sa réponse transforme mon sourire en coin en soupir amusé ; « Je vais prendre ça comme un compliment mais si tu veux, je veux bien te payer un sandwich. Tu m’as fait rire aujourd’hui.

-Ok je veux un americain mayo ou un pain frite. Dommage qu’il n’ y a pas le marché, ils font des bons pains saucisses ».

Elle n’est pas très grosse. En fait, elle a la peau sur les os.

Je lui dis : « Va pour le sandwich ».

Sa réponse est juste un sourire. Un sourire zébré au vide parsemé. Un sourire au couleur pianiste

Elle rigole en me disant que maintenant on est amis.

Son sourire carolo est joli. Le contexte ne permet pas de sublimer sa beauté.

 

Elle se lève et avec ce mouvement, des pensées s’élèvent. Je me dis qu’elle a sans doute vue trop de choses laides, qu’elle a été mise en captivité par certaines pensées ; qu’elle a offert son corps malgré elle dans de l’abus, de la scène dans le but d’avoir un abus substance quitte à détruire sa substance, son essence.

J’ai mon ventre qui se serre et les yeux légèrement embués par les larmes.

Même en rêve, je pleure.

Une forme de dégoût s’invite en bouche et on se demande encore pourquoi je vis des insomnies. Je n’avais pas très faim ce jour là.

 

Elle disparaît. Mon cinéma intérieur réalise un final cut.

Je marche parmi la foule. Une masse informe foule le sol. J’aimerai plonger et me noyer dans mon ombre. Il y a des gens partout. Je n’arrive pas à poser mon regard sur leur visage. Leur figure est difforme. Ils ont des trous noirs à la place des yeux. Je n’y vois que mon reflet. Je ne sais pas ce qu’ils regardent mais je sais qu’ils me voient. Ils me distinguent, ils me saisissent.

Leur prunelle me pèse. Je me sens lourd. Je suis le troupeau, je suis un mouton, c’est réconfortant. Je suis invisible mais c’est angoissant. Je rumine certaines conversations s’exclamer : « Les gens sont cons. Ce sont des moutons qui n’arrivent pas à penser par eux même. Ils veulent qu’on réfléchisse à leur place ». Ces autres sont souvent les mêmes : appartenant à la même classe, à la même vaine. Ils sont aussi un peu des moutons qui bêlent et ruminent  : « Je suis unique » comme tout le monde.

Peut-on parler du mouton sans nommer le loup ? Car un thème s’impose. Le thème du flamant rose. Je m’y conforme et fais donc mon mouton. Et-ce si grave d’être un mouton ?

La moutonnerie permet de faire confiance, de voir l’autre, de se laisser surprendre. Quand je prends le bus, je fais le mouton et je fais confiance au chauffeur. Il y a plein d’exemple comme ça où le troupeau est bon. Car la solitude n’est pas fait pour nous. Et puis, l’omniscience est impossible, autant donc être signifiant en écoutant les autres. On peut faire de belles choses en troupeau, collectivement. Faut juste bien choisir son collectif même si on choisit rarement ses amis. On peut paniquer et se dire qu’il y a peut être un loup parmi nous. Peut-être le loup des steppes d’Hermann Hesse. Dans mon cas, le loup est en moi. Cette réalité m’apeure. Mon loup intérieur est une frayeur qui apparait quand la certitude m’engouffre. Quand la méfiance m’encourage à faire peur et bouffer l’autre.  Il faut donc douter, un peu. Car le doute est outil dangereux. Il est une lame qui vous coupe ou tue l’autre. Elle me taillade parfois les veines quand elle devient une certitude intrapersonnelle sur les relations interpersonnelles. Je deviens un loup qui se rongent les pattent ; un ruminant cannibale.

 Mon berger est donc la quête du doux doute interne, pas de l’autre, ni de soi. Un doute dans la nuance, un doute avec parcimonie car il est facile de voir chez l’autre le loup.

Pourtant la plupart du temps, on le devient non ?

Qui dit quand je serai grand je serai le méchant, qui dit je suis un mouton doux ?

Qui dit je veux devenir jaloux?

On le devient. Bon sang?! On s’acharne ensuite à le rester. : A faire advenir ce devenir en le figeant dans notre identité en en faisant une statue, un statu, une effigie où on s’y réfugie le corps défendant. On en fait l’essence même de notre être. On montre les crocs et on rentre dans l’impuissance...acquise qu’on se persuadera d’avoir choisit a posteriori.

 

Ne sommes-nous pas bien plus volatile qu’on ne le pense ?

 

Et par soucis de cohérence on peut trouver une constance dans l’essence même du loup ou du mouton. Mais ne sommes nous pas toujours un peu des deux ; un accordage processuel, un point commun dans ce jeu : on est tantôt meute tantôt troupeau., tantôt élevage, tantôt bétail.

La nature et la culture ne font qu’un chez l’être humain. Un constant va et vient et on pourra  s’acharner sur l’un ou l’autre, en instrumentalisant la biologie pour figer les privilèges, en manipulant la culture pour nier les chaînes, on ne sait pas rendre binaire le complexe. Sauf en se mentant à soi-même.

Et si la culture était en fait un aptitude socio-cognitive. Un héritage biologique qui nous permet d’être dans l’interaction, d’être dans la relation à l’autre avec les mêmes conventions, avec les mêmes histoires, avec les mêmes symboles sociaux ? Notre nature serait de vivre dans la culture et de la partager comme un poisson dans l’eau. Ce qui nous permet de créer et d’inventer en troupeau.

Qui ose me dire que je suis un mâle alpha alors que sans l’autre, on est rien ?

En plus cette histoire d’alpha, c’est du grand n’importe quoi; demandez à Dewalle, il vous expliquera.

J’espère être doux comme un agneau. Pourtant, j’entends Hobbs hurler que je suis un loup.

 

Ce hurlement interne m’angoisse. Et j’ai beau vouloir me coiffer, je vois toujours des boucles bourgeoises se former sous mon peigne. Un loup au pelage ondulé du mouton ; Saloperie de pilosité qui m’oblige à abandonner toute velléité de me coiffer. J’ai donc arrêté de scinder cette double personnalité.

Etre un mouton, tout comme on peut devenir un loup. Deux polarités qui m’obligent à bien m’entourer en voulant se laisser guider par l’autre. Parce que les bons moutons vous diront quand vous faites le loup. C’est la force d’un groupe

J’ai envie de les écouter ces moutons, un peu bizarres, un peu étranges mais la beauté m’a toujours paru bizarre. Ce n’est pas de moi c’est de Baudelaire. Je fais le mouton en piquant des citations.

Parce que les moments d’extase et de plaisir sont souvent en groupe, à deux à trois à plein.

C’est ça qui est bien. Même si je sais que parfois avec la diffusion de la responsabilité, on peut vite se transformer en meute. Et lorsque le troupeau devient une meute affamée, il faut s’en mefier car elle pourra détruire pour se nourrir..

 

Et de nouveau, il faut choisir..

 

Et face au choix du loup et du mouton, on fait quoi ?

Pffff… tout semble compliqué et même en rêve, j’arrive à me fatiguer.

 

Une lune apparaît. La chaleur monte, j’arrache ma peau, je perds mes dents, mes ongles se détachent, j’ai mal au dos, je me recroqueville sur moi-même. Mes genoux craquent. J’hurle. Tout le monde me regarde. Je déteste ça. Malgré la cacophonie corporelle, je les observe. Cette foule n’est plus fait d’hommes mais d’animaux. Je vois des loups, je vois des moutons, et je prie d’être quelque chose :

Je me transforme en quoi ? en mouton garou ?

 

J’ai peur, ou j’angoisse.

Je ne sais pas

 

Le rêve cesse.

 

….

 

Je suis couché dans l’herbe. Le crépuscule me lève.

Je respire difficilement, ma gourde a laissé une trace pendant la descente. Sa rencontre avec le sol et une cote flottante va sans doute former prochainement un relief, une montagne sous la plaque tectonique de mon corps.

Je pose mon pied. Ma cheville hurle la stupidité de mes sauts précipités.

Je ris parce qu’à la lecture de cette scène, ça va créer de la panique dans mon troupeau. Sans doute chez l’avocette à la belle plume que j’ai hâte de lire et de reconnaître. Je m’excuse de ce texte à la forme de délire rempli de private joke et de souvenirs.

 

C’est sans doute le début de la folie.

 

La douleur me fait revenir à moi. Elle s’éparpille et fourmille dans les muscles comme des décharges électriques. J’ai envie d’une figue et ça continue à faire mal. La nociception me permet de savoir que je suis bien là.

L’agneau en moi se rappelle d’une blague, d’un doux cri amené par un comédien. Un artiste à l’amour rugbystique incarnée dans cette fille qui semble vouloir aimer. J’ai appris récemment qu’il s est fait balafrer. Il m’a toujours fait rire. Je me rappelle de la surprise heureuse de l’hôte face au cri de ce loup synthétique. J’entends encore son sourire accueillir la supercherie.

 

Le ton vespéral de la montagne est magnifique. Sa teinte est plutôt rouquine. Mes éphémérides sont toujours diluviennes. Elles seront sans doute loin d’être éphémère. Les souvenirs m’irradient et m’illuminent. L’instant présent brille dans un vermillon chaleureux.

J’ai un sourire étrange qui me pend aux lèvres ; un sourire d’enfance ? Un sourire de bonheur sans plaisir ? Un sourire d’existence où tout se mélange dans un chaos en chute libre, en feu d’artifice

dans un joyeux bordel :

J’ai un sourire arc-en-ciel ; 

 

un sourire qui bêle.

théologie et géométrie
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art par SamD et kiwi vert

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