top of page

fumée expérimentale par quelqu'un

https://www.youtube.com/watch?v=JG5iM7ycdAI

fumée par quelqu'un d'autre

Leur premier échange sur Tinder avait été marqué par des traits d’esprit aiguisés. Lui, intellectuel aux multiples potentiels, jouait des mots avec une facilité déconcertante ; elle, mère célibataire, jonglait entre responsabilités et une soif d’évasion. 
Une semaine de messages sulfureux plus tard, ils décidèrent de se rencontrer.  

Un bar feutré, une lumière tamisée, et cette odeur entêtante de fumée qui flottait dans l’air, comme à l’époque où l’on allumait encore des cigarettes à l’intérieur. 
Il l’attendait, une coupe de vin à la main. Lorsqu’elle entra, son regard accrocha immédiatement le sien. Ils échangèrent un sourire entendu.  

Les discussions étaient un duel d’esprit. Les mots s’entremêlaient, vibrants comme des préliminaires. Il la fascinait par sa manière de déconstruire chaque idée, chaque sentiment. Elle le séduisait par cette lueur de défi qui dansait dans ses yeux.  
Le vin réchauffait les veines, mais c’était autre chose qui les brûlait. Une main effleura l’autre.
L’attirance devint tangible, une tension crépitante à chaque mot échangé. Il posa une main sur sa cuisse nue sous sa robe. Elle ne de déroba pas, au contraire. Mieux encore, elle écarta légèrement les jambes, l’invitant à poursuivre. Il sourit, effleurant sa peau du bout des doigts. Ses doigts glissèrent plus haut, esquissant sur sa peau des promesses qui n’attendaient que d’être tenues.

L’air était épais lorsqu’ils quittèrent le bar, chargée d’électricité. La nuit était moite, enveloppante, complice.

Chez elle, la pièce n’était éclairée que par la lueur de l’écran diffusant une playlist langoureuse. Elle s’adossa à la porte, le souffle court. Il s’approcha, une main posée contre le bois, son corps frôlant le sien, son souffle chaud effleurant ses lèvres. « Tu es certaine ? » murmura-t-il. Elle répondit sans un mot, agrippant son pull bleu, l’attirant dans un baiser affamé.
Ses lèvres explorèrent son cou, sa clavicule, descendirent lentement, effleurant sa peau brûlante. Chaque contact était une décharge, un incendie qui se propageait au moindre frisson. Elle laissa échapper un soupir lorsqu'il laissa ses mains, expertes, explorer, s’attarder, dessinant sur elle des promesses silencieuses, déclenchant des soupirs et des gémissements étouffés.

Leur nuit fut un ballet d’ombres et de gémissements, un jeu de pouvoir et de cédons-nous. Un crescendo sensuel où chaque mouvement appelait le suivant. Et lorsque l’aube teinta la pièce d’une lumière pâle, elle alluma une cigarette, observant la fumée s’élever lentement vers le plafond, comme un souvenir de cette tension qui ne disparaîtrait jamais tout à fait.

fumée par encore quelqu'un d'autre

Ce jour-là, je suis venue à l’aéroport pour venir te rechercher, toi, l’homme de ma vie, et notre fille, le fruit de notre amour, notre petite Lila. Ta famille voulait tellement la voir et toi, tu voulais tellement lui présenter ton pays.

J’aurais aussi dû venir avec vous. C’est ainsi que ça aurait dû être. Je le sais, c’était ce qui était écrit. Mais j’ai eu peur. Peur du regard de ta famille. Des messes basses quand je passerais devant chez leurs voisins. Les regards accusateurs des gens dans la rue, au restaurant ou au cinéma. Tu m’as prévenue de ce que les gens disent là-bas, des filles comme moi qui se mettent en couple avec des hommes comme toi. Je suppose qu’en apprenant à me connaître, en sachant qui je suis, ce que je fais et d’où je viens, ils auraient fini par changer d’avis… Mais j’ai eu peur. J’ai pensé qu’ils auraient plus facilement pu m’accepter une fois qu’ils auraient vu comme notre petite Lila est parfaite. Si seulement j’avais osé t’en parler, si seulement tu avais su me rassurer, trouver les mots… Nous serions encore tous les trois réunis… Comme j’aimerais être avec vous, vous retrouver.

Alors j’ai prétexté être retenue par le travail. « J’irai la prochaine fois », m’étais-je dit. Mais comme cela a été long. Comme vous m’avez manqué… Comme il est difficile de s’occuper quand, dans notre tête, une seule pensée persiste : celle de vous retrouver. Ce mois m’a semblé durer une éternité.

Ce mois est passé si lentement que j’ai l’impression de l’avoir entièrement consacré à préparer votre retour. L’appartement était bien rangé pour vous, toutes les lessives faites, les vêtements pliés et rangés dans les armoires. De quoi manger pour une semaine au frigo. De quoi te cuisiner de bons petits plats. J’avais changé les draps, mis un parfum d’intérieur, préparé notre chambre pour ton retour. Nous serions rentrés, j’aurais cuisiné pendant que tu aurais pris le bain avec notre petite fille. Ensuite, nous aurions soupé, couché la petite et enfin, après tant de temps l’un sans l’autre, nous nous serions couchés côte à côte. Tu m’aurais dit à quel point je t’ai manqué, tu m’aurais raconté ton voyage et moi, je me serais noyée dans tes yeux, blottie dans tes bras. Nous nous serions aimés comme jamais. Comme j’aurais aimé t’embrasser, même si plus jamais.

Je suis venue une heure plus tôt ce jour-là. Peut-être auriez-vous eu de l’avance. Peut-être y aurait-il eu beaucoup de voitures ou aurait-il été difficile à se garer… Je suis venue à l’avance et je vous ai attendus. À ce moment-là, j’aurais tellement aimé que vous aussi, vous ayez de l’avance. Pour que nous puissions nous surprendre les uns les autres d’avoir été là, plus tôt. De pouvoir nous prendre dans les bras, vous serrer contre moi, sentir les cheveux de Lila… Comme je suis heureuse, finalement, que ce ne fut pas le cas. Comme je suis heureuse que vous ne soyez pas arrivés à ce moment-là. Comme je suis heureuse que vous ayez évité tout cela. Tous les cris, tous les pleurs, et puis… puis tous les silences aussi.

Ça a commencé dehors, en tout cas, nous l’avons entendu au loin. Comme des coups de feu. Très vite, la foule a commencé à s’agiter, des cris, des pleurs, tout le monde s’est mis à courir dans un sens ou dans un autre. On ne savait pas vers où aller, quoi éviter. Comme je me suis sentie démunie à ce moment-là. Notre cerveau cherche absolument à savoir, alors que nos jambes veulent fuir, et notre cœur, lui, ne fait que s’emballer.

J’ai entendu quelqu’un dire qu’il y avait une bombe dans l’aéroport. J’ai donc couru, comme tous les autres d’ailleurs, vers la sortie la plus proche. Je me faisais bousculer, je ne voyais rien, n’entendais plus rien. Il y avait trop de bruit, trop de mouvements, trop de monde, trop de haine, trop de tristesse, trop de trop. Je n’aurais pas su l’éviter. Je ne l’ai pas vue arriver. La balle a traversé mon poumon droit. Stoppée net. Comme repoussée par une porte à battant trop forte pour moi. Je me suis retrouvée au sol. La chute m’a coupé le souffle. Je me retrouve à terre, à chercher à respirer, chaque bouffée est de plus en plus compliquée. Le calme commence à se faire sentir autour de moi. Le flou aussi. Je n’ai plus que mes pensées pour moi. Sache qu’elles vont toutes vers vous, toutes vers toi, toutes vers Lila.

Je suis désolée de vous laisser ainsi, je suis désolée de vous abandonner. J’aurais aimé passer ce dernier moment à vos côtés. J’aurais aimé pouvoir vous adresser ces derniers mots. J’aurais aimé vous voir une dernière fois. J’aurais aimé ne pas avoir peur, ne pas avoir eu peur comme cela… Je sais que tu seras un bon père pour Lila. Je sais que tu auras la patience avec elle que tu as eue avec moi. Que tu seras là pour la voir grandir, l’accompagner à l’école, sécher ses larmes, rire de ses sourires, illuminer son regard de ton amour. Je sais que tu trouveras les mots pour la réconforter. Je sais que tu sauras lui expliquer les garçons, les filles, la vie, l’argent, la joie, la passion, l’amour… Je sais tout cela. Je sais que tu seras un bon père...

Mais s’il te plaît, ne me remplace pas. Parle-lui de moi, explique-lui qui je suis, et que moi aussi, je suis là pour elle. S’il te plaît, ne vide pas notre chambre, c’est tout ce qu’il reste de moi, garde-le près de toi. Permets-moi de rester près de toi. Permets-moi de rester près de Lila. Permets-moi de rester près de vous. Donne-lui cette photo de moi, celle à la mer, celle qu’on aime, toi et moi. Ne m’oublie pas, ne me remplace pas. Je suis sa mère. J’aurais aimé le rester. Rester près de vous. Avec vous. Que vous ne puissiez pas… pas sans moi… Ne m’oubliez pas…

fumée par encore quelqu'un d'autre, mais un autre autre

Ce samedi 3 mai est un jour tristement spécial au crématorium de Court-saint-Etienne car dans quelques heures les employés vont rendre un dernier hommage à l'un des leurs.

Sans cercueil et sans son corps qui a été incinéré avant ses funérailles. Des centaines de personnes sont là pour les accompagner dans leur chagrin.

Louis, leur collègue, s'est suicidé il y a une semaine. En se jetant dans les flammes en même temps que le corps censé partir seul en fumée ce jour-là. 

Ce corps avec lequel il s'est consumé n'était pas un corps lambda. C'était celui de sa fiancée qu'il aurait dû épouser aujourd'hui.

Elle s'appelait Elise. Cela faisait trois ans jour pour jour qu'ils s'étaient rencontrés au crématorium le jour de l'enterrement de sa sœur jumelle. Ce fut le coup de foudre mais, au vu des circonstances, Elise n'osait se laisser aller à être heureuse. Mais l'amour fut le plus fort et elle finit par accepter ce bonheur que le destin lui envoyait au pire moment de sa vie.

Ils vécurent trois ans d'un amour fusionnel sans aucun nuage pour venir le ternir.

Jusqu'à ce 21 avril. 

Pendant qu'elle fumait une cigarette sur la terrasse de leur appartement, elle fut victime d'une rupture d'anévrisme. Ne la voyant pas rentrer, Louis alla sur la terrasse et vit d'abord la fumée de la cigarette qui brûlait seule sur la table. Inquiet, il baissa les yeux et découvrit le corps inanimé d'Elise. Il appela aussitôt les secours mais il était déjà trop tard.

Anéanti mais désirant plus que tout que les derniers adieux à sa fiancée soient merveilleux, il aida ses collègues à préparer la cérémonie. Il voulut l'accompagner jusqu'au bout et leur demanda de le laisser seul face au four crématoire au moment où elle y serait déposée. Pas un instant, ils n'imaginèrent qu'il allait commettre l'irréparable et que c'était la dernière fois qu'ils le voyaient.

 

La cérémonie de ce jour, ils l'ont voulue grandiose et différente de tout ce qui s'était fait jusque là. 

Un parterre de fleurs remplace le cercueil et l'Hymne à l'amour  passe en boucle pendant que les amis lisent les textes qu'ils avaient choisis pour célébrer leur mariage. 

Et du champagne et des zakouskis ont pris la place du café et des traditionnels sandwichs. Malgré la douleur incommensurable, tout le monde sourit surtout quand arrive le petit Achille, né quelques mois plus tôt. Il est le fruit de l'amour fou de ses parents et nul doute qu'il aidera ses grands parents, oncles, tantes et amis à surmonter leur chagrin. Et qu'il sera l'orphelin le plus choyé du monde.

 

Elise et Louis se marièrent bien le 3 mai même si leurs corps s'étaient embrasés pour ne former qu'une seule fumée une semaine auparavant. Et que leurs cendres mélangées furent réparties dans leur jardin secret.

smoke by whomever

​It's the moment my eyes started to sting that I came back in the room. We imagine fire as the great enemy, when it's smoke that kills you first. A memory gone. Into thin air. Nothing remained in its place. As if it had never existed. The house. The entire house was burning. I had never been so successful in any of my enterprises. It all went up in flames in moments. But moments drag when you brain realises you fucked up badly. I had fucked up badly this time. It was just an idea at first. A fantasy. Thought experiment. Like when someone is talking to you and you suddenly wonder what it would be like to punch that person in the face right at that moment. They would never see it coming. Because you wouldn't see it coming either.. Are they wondering the same thing?
The house was the parents'. Holding a grudge isn't a nice thing, but that's not the way I see it. It's about learning. Learning not to make the same mistakes again. Learning and helping. Helping by preventing certain people from doing the certain bad things they did in the past, and might do again. At least, that was the original idea. 
It had been eleven years since I last saw them. I had finally got my shit together. I had everything I needed. Not exactly what I wanted, but you tend to adapt your expectations with your range of actions with time and age. I had enough of what I needed not to feel like I owed something to the rest of the world anymore. 
The cure didn't come with facing my demons; it didn't come with communication — that path was doomed from the start. All these efforts, all this energy; my mind had been overheating all these years just to find a rational solution to deal with what turned out to be irrational people. My time, wasted, went up in flames. In smoke. A long long chasm splitting the sky in half. And what's left was nothing. So leaving was the only option. There's no shame in quitting to hedge your bets — 'stop the bleeding' would be more accurate here. 
That's what I did. I started over. Somewhere else. Because somewhere else couldn't be worse than here. And I dragged myself to get somewhere. To get something out of this world. It wasn't my childhood dream. Whose life is? But it was somewhere I felt safer and better than ever before. I built myself a new identity. A new routine. New pleasures. New acquaintances. New friends. New experiences. I had everything I wanted — needed. Ultimately. 
But that wasn't enough. Because what I wanted more than anything else was to get what was taken from me from the beginning. The thing that makes you want to live. Because no matter how successful I had become, it meant little to nothing to what I was. So I came back. Eleven years later.
Why eleven years? It wasn't a matter of anniversary. I couldn't actually recall the last day I saw them, as we probably exchanged some texts and phone calls towards the end, before I decided to stop replying. The first seven years were hard. I was struggling, and every win was either immediately followed by a greater loss, or a disguise for an actual loss. There was no way out for me asides from with my own hands. At one point, I then decided to give life another go. I got medicated, 'went out there', and started to actually ask for the things I wanted. I ended up moving up into the world, albeit at a slow pace. A very slow and frustrating pace. Nothing was enough, and everything was left to do. And then, like in every success story, luck flipped overnight — two years later. Met the right person. And so did they. And our collaboration put us both on the map. And all of a sudden, problems started to disappear one after the other. Thanks to money. Money doesn't bring happiness, but it does erase unhappiness.
I then hit cruise speed; things felt easy. Too easy. But also you don't notice it when they are. You only notice when life's painful. Blissful ignorance. Now, when pain has been your daily bread for so long, ignorance never lasts. Something's afoot. Always. People don't actually like you, they are taking advantage of you. Your success isn't real, they're lying to you. Smoke and mirrors. And one day, you'll find yourself back in the ditch where they found you. Because that's where you belong. That's where you come from. And you can't escape where you come from..
So I came back. Where I came from. Two years later. I felt stupid at first. I went abroad. All the way from home. My home. To get back to a place I loathed. And for what? Revenge? What kind of revenge? What solace was I expecting to find from this? It was an impulsive decision. I surprised myself realising that. I would never have done it only four years earlier. But I was now confident. And it appears that confident people make this kind of decisions all the time.
It feels like reshaping your own standards of adrenaline. Once you've done it once, the next time flows more easily, and then it becomes almost instinctive. I thought I would get all flustered all the way there. But I wasn't. I was fairly calm. Now, the matter of the fact is your adrenaline can't simply keep up with it, but nothing really seemed out of place for me. I trusted my decision. This trust that I used to put into others' hands, up until I realised how unsafe it was. Conditioning had led me to blindly trust people, and conditioning had then led me to never trust anyone else again. How funny.
I marched with a steady head on to the scene of the downfall I was to bring. I had locked my mind in; if only as a pure rebuttal of my obsolete lack of confidence, I knew I wasn't to change it under any circumstances. I sneaked down the cul-de-sac well-known to my memory to find the front lights on. A common instance of my mother's forgetfulness. It didn't stop me. The LED lights from the lamp posts made the night disappeared, as I came out of my rental in plain sight. I headed to the garden entrance which was only guarded by a optic trick that made it looked like the side hedge was protecting it, when there was a wide gap opening an unobstructed path to the back of the house further downhill.
This is where my mind became fuzzy. Behind the facade of the house that had been left unchanged for the last thirty-five years, the back had had many a facelifts over the years. Although the latest one had been a downgrade. The newish veranda, the latest one in my memory at least, had crumbled down. The glass was gone to leave the metallic frame as its only vestige. The garden was equally poorly tended; the darkness flattered its defects, but I could discern strips of dry and/or rotten inner hedge, and the muddy lawn by the moonlight. A previous plague had beat me to it. Amongst the ruins, small broken toys scattered across the lawn compensated this derelict state with a sense of lost innocence. 
This struck a cord in me. They had grand-children. My sister finally got there. In spite of them. More than that. She trusted them with her own children.. That idea was inconceivable to me. But this wasn't about me. Not anymore. I froze. Realised what I had been doing. What I had been about to do. Out of spite. Pure spite would have destroyed this new page of our family history. Just to get back at them. Whether they deserved it or not wasn't the point; this was now beyond me and them. I had to leave. I had to leave now before I crossed the point of no return.
On my way back uphill and out of the garden, a breeze fell in. It lifted the tarpaulin covering the remnant of the veranda. Under the tarpaulin, my eye caught the sight of an overturned large box with more toys spilling out of it. The radiant countryside moonlight helped me decipher the caption on it: À donner. No grand-children here. Just them emptying their big house. Deleting the past. I had a closer look and recognised some of my old friends: Tiboo, my panda plushy toy; an assorted selection of Playmobil; and a bundle of paintings/drawings dating from my kindergarten years. It's true that I couldn't care less about these relics. If anything, they reminded me of my sore past. But there was something wrong in this spectacle, as if my parents had known that I was coming, and spread these out as a way to make me feel guilty for my feelings about them. Guilt. Their strongest weapon. It had almost got the better of me. It would have if I had stayed with them. Luckily, it eventually didn't. Because I had been stronger. Because I took action to get away from this suffocating nightmare. And I didn't see any reason to go back to my pitiful self, now or ever again. 
I turned around once more, and headed inside. I found the spare backdoor key hidden in the outside wood storage, under the pallets. I walked in. The inside of the house had had little change, if only for the furniture — my parents loved getting busy moving furniture around; that was a way for them to feel busy, and avoid the existential pain of their lifestyle of overworking in order to get more money top get a better life only to realise that there wasn't any life left for them to enjoy.
The fireplace had its last log of the night dying inside. I halted a moment to warm up by its front. The adrenaline had me forgot about the sudden cold that strikes as the night falls on an early spring day. My hands, cramped with cold, slowly thawed. My gaze fixed upon the fireplace glass, I was drawn to my old habits of placing my hands on it until I could no longer hold the pain, at which point, I would keep them a bit longer; the pain had levelled off, but would still be unbearable, so I would wait for the third call for retreat to actually give up. I'd never got scars from doing this. Which made me feel like it wasn't painful enough, and maybe most people would have actually been able to hold much longer, and I was just weak. 
I opened the grill below the fireplace to let more air in to restart the fire. The flames came back to life in an instant. I let myself get hypnotised by the dancing flames. I opened the glass door, now fully entranced with this demon, and passed my fingertips above the flames. I felt noting. It'd always amazed me that the big red flames are not the most dangerous part of the fire. It's the heat the culprit in most disasters; the rest is almost just for show. I passed my fingers above the flames again and again. Unharmed. Untouched. I played the game a little while, enjoying my false sense of invincibility, when the fire spat out a spark at me. The amber left a tiny hole in the carpet in front of the fireplace, down to its rubber base. I watched it as it lost it fury and went fully dark.
I added a log to the fire to not let it die so soon. It was a little too small, so I added another one. Then something snapped in me, and I lost all sense of fear in that instant as I loaded the stove with more logs, one after the other, until it had to vomit its surplus onto the floor, still burning. I kicked the burning log, waiting for it to spread. It didn't. So I helped it a bit more. I nudged it with the tip of my foot at one end, then at the other, until it reached the open dinner room rug. The fringe caught up first; its threads crawling back with their individual dying flames. 
Then it spread. The flames grew. Caught the tablecloth. The wilting flowers in a vase. I watched the fire eat the dinner table from its edges centre-ward, like a domino mosaic. 
Another log had fallen off from the furnace behind me. Had almost forgotten about it. I turned around to see the fire feast on the entire chimney. I took a step back in awe. And fear. I looked around to locate the staircase. I headed there before the fire blocked the path. I climbed the stairs two steps at a time, not worrying about the noise I could make as the fire was already growling behind me. I arrived upstairs. I stopped in front of my parents' bedroom. Door shut. I pondered whether to have a last look at them. The room being right above the chimney, I assumed they had already passed on by now. What else was there for me to fear now?
I decided against it. I just had a look around to catch a last glimpse of my childhood house. The smoke had started crawling from the balcony in the veranda where my father had his office, surrounded by pictures of us as children — another one of his denial devices that created this false past where we were a happy loving family.
A door creaked at the end of the corridor. My sister's old room. I jumped. Turned around, and saw him. A sleepy 7-year-old in one-piece pyjamas. He looked at me. I couldn't do anything else but to stare back at him. My first thought was that I didn't know him, but considering his age, that's quite unremarkable. His face appeared on pictures around me. And the pictures then revealed the rest of the family. All unknown to me. Parents, children, even one with the larger family and grand-parents. None were my kin. This wasn't my parents' house anymore.
It's the moment that my eyes started to sting that I came back in the room. The confidence that had led me to this moment in my life was suddenly nowhere to be found. I had failed. Again. I could have accused my genitors for this horrible end. As if they had anything left to do with what I had become? And even if they did, how would that solve anything. 
Guilt had got the best of me once again. Guilt would bring about a wringing turmoil of rumination and self-hatred taking my mind in hostage, but it would also get me to go full haywire. This sensation had now kicked in. I grabbed the kid, held his face against my chest, and ran down to the front door. A quick glance to the floor below reminded me that the flames had now fully escaped the ground floor, and were heading upstairs. Outside, I left the child in the front garden at a safe distance from the house. Then I looked back at the house. Were there other people inside? Were they still alive? Was it worth trying to save them? I didn't know. But I knew I couldn't live with the guilt of having left someone else suffer because of me without trying to fix it with everything I had.
I sprinted back in. I felt my face melt re-entering in contact with the flaming heat after being in the cold night for what felt like a heartbeat. The smoke swooped me the second after; I headed upstairs, but fell on my knees mid-staircase, chocking uncontrollably. I crawled my way to the first floor, and stayed low while reaching my former bedroom, next to my sister's. The fire roared behind me when I opened the door. I found another child on the bed. This one bigger than her little brother. She was sleeping.. Dead? Unconscious. I picked her up, wrapped in her blanket, cradled her in my arms, and ran out of the room; my lungs filled with soot by then. The staircase had disappeared. I went for the garage door, it was still unaffected by this inferno. The opening triggered yet another roar behind me. I closed the door behind me in the hope it would save me some time, and pressed the button for automatic garage door. It was slow. Way too slow. The fire had reached the door behind me. In my hurry I pressed the button again, which only led the door to stop with a lurch.
The opening was big enough only to crawl under it. Or roll. Desperate times call for desperate measures. I laid the girl down on the cold garage floor, and carefully pushed her to roll out of the garage door. I didn't stop to see if she was fine; she was out, that's the best I could do. I went back in for the last time. Pressed the garage door button twice so as to get it out of its stupor, and opened by the time I had to come out again. I walked past the flames. Feeling not so invincible now. And headed for my parents' bedroom. Former bedroom. No point in that, I thought to myself. But the guilt was still eating me inside, so I had to do it. As I passed the large window above the now-gone staircase, I saw a couple of fire engines and the headlights of a car piercing through the night. I went ahead to my parents' bedroom. The smoke and heat were so oppressing that I couldn't think straight, I was in a full out-of-body experience, trusting my instincts to get me where I wanted to be. My parents' bedroom.
Was empty. In the flurry, I overturned the duvet, pillows, the entire bed and frame to make sure no one was left. Nothing. There was nothing there.
The fire had reached the corridor. The way out had gone behind me. I opened the window opposite the door, and looked out into the street. Out of the car went came a couple; they hugged the boy, and the girl, now fully awake. I looked down. Considered jumping what was two storeys, as the garden was a floor below the front door. I would have broken my legs at worst, but I'd have been alive. I decided against it. Whether it was because of the guilt regarding my actions of having destroyed and almost killed an entire innocent family, or simply the smoke that had tired my body out for good. I looked out to the other way, contemplating the peaceful side of the night, and let myself dropped down on the floor.

défonce fumeuse par quelqu'un de différent

Aujourd’hui je suis en retard,

comme d’habitude, il se fait tard. Je m’assieds face à une page vierge pour voir comment je m’enfume ce soir, à me convaincre d’être artiste, à me convaincre d’être maudit, à me convaincre que je vais bien, je dois écrire un texte ce soir. Et puis merde, je ne suis pas à plaindre, peut-être que je dois juste craindre ce qui fait de moi ce stéréotype sur patte. Je me roule un joint, pour décider de m’enfumer même si je m’enfume déjà en mes pensée. Je me prépare à écrire et je me mets en mode difficile prêt à contempler ce qui vient.
Je fais des ronds…  Pas de fumée sans feu, mon entourage danse sur mes braises. Ces petits ronds de fumée me font penser à mes potes du collègue ; on glandait, on zonait autour d’un spliff, et par écran de fumée, on s’amusait bien. Ils sont tous ravagés, une pancréatique chronique pour l’un, l’hépatite pour l’autre, un partage d’enfant brisé pour celui-là, des violences conjugales transmises, une santé marquée au fer rouge, les 3/4 sont chauves… Ils sont cassés. 
Ah j’ai un pote qui a voulu se suicider.
J’ai des jours comme ça, où le brouillard vient, où je me fume avec ces idées suicidaires. On est pas tous seul et je suis loin d’être cet être exceptionnel que je pense être. Ca fait de ça moins dans la tête ? Comment on s’y prend pour se faire taire ? Surtout quand on est une grande gueule. Alors je me pose et impose mes pensées. De belles idées noirs s’activent ce soir. Faut que j’y réfléchisse. En fait, c’est bien là tout le problème, réfléchir ; Un vrai problème pour moi, pour toi, pour vous. Cette fumée que je brasse en tête alors qu’il n’y a même pas de feu ; un enfer de fumée sans flamme sans braisier, juste une griserie, juste de la buée, qui tourne en rond et qui m’étouffe… et ça se propage, ça s’évapore dans mon crane. Alors je garde ça pour moi ; pour pas inquiéter, pour un peu me sevrer. Sous exctasy, je me suis sonné et j’ai téléphoner à un ami, pour pas faire de bêtise. Même avec un élan d’envie, il reste toujours cette petite fumée de gris. L’écrivain au bout du fil à été sympas. Il est resté à tanker avec moi et attendre que ça passe.
Ça a pris deux heures…
Parfois, c’est ce qui nous reste à faire, ouvrir la fenêtre pour aérer.
Ah zut, l’alarme incendie ?! Je l’ouvre, sauter me permettra de m’évader ? C’est pas ça la définition de défénestrer.
Je rallume un joint pour panser et étouffer le brasier qui pourrait arriver. S‘il y a plus d’oxygène, pas de combustion, juste une peu plus de confusion. Je referme la fênetre. Mourir étouffer, j’y ai penser : Un sac sur la tête comme bonnet, une corde pour écharpe, m’ouvrir les veines ? Non, pas pour moi, se consumer par les médicaments ou les drogues ? ça me ferai marrer.
La douceur de l’opium, la caresse de mon héroïne, un truc qui fait qu’on s’arrête de tourner.
Je sors dans le jardin et je prends ma feuille et mon bic avec moi… ouais un vrai conservateur.
Ces pensées suicidaires, j’en suis pas très fier. Parce que j’ai aucune raison de vivre 6 pieds sous terre alors je me mets la tête à l’envers. C’est toujours un problème de vouloir trouver ses raisons, parce qu’on en trouve toujours, de bonnes raisons.
Et quand on en a pas, on se dit pourquoi moi ? J’en ai marre du pourquoi.
Je me grille une taffe, je commence à parfumer ces pensées par une autre fumée. On s’illusionne comme on peut. Il fait frais. L’air est respirable.
On m’a dit que je n’étais pas heureux. Je me suis dit, au moins j’ai pas de cancer. Je n’aime pas ce concept d’heureux. Je préfère vivre des moments de joie, c’est parfois ce qui m’empêche d’éteindre la flamme ; que demain je ne sais pas comment ça ira. Parfois la distraction est un beau remède, et les relations le permettent… pas les artificielles, celles qui sont juste là pour plaire… non je veux les rendre belles et investir des projets… mais surtout, je ne veux pas jouer ce rôle, ne pas oublier ces pensées parce qu’au sinon elles reviennent et puis, ça m’évite de prendre la grosse tête… ca sert à ça aussi les relations.
Je ne veux pas être propriétaire de moi, de ces pensées, je veux juste savoir contrôler mes gestes, limiter la casse et offrir de douces caresses.
Je relève la tête
La lune s’isole dans le ciel, avec un petit nuage fumeux qui semble ne pas où se mettre. Il est comme perdu. Elle, elle est gibbeuse. Je tire une taffe, pour m’enfumer une dernière fois et tenter de griller certaines pensées. A défaut de savoir faires des ronds je tourne en pensée. Et je valse. Je pars en fumée. 
Je regarde la lune, on dirait un gros œil, elle est vêtue de son jaune pale, quasi crémeux, elle est blême, pas un bon signe de bonne santé. Elle a peut-être trop picolé hier. Elle a aussi la jaunisse. 
Bordel je suis défoncé.
Dans son humeur vitrée, est ce qu’elle a aussi une tache aveugle comme sur notre œil ? qui fait qu’on sera toujours tout petit et qu’on ne sait rien. Je suis sûr qu’elle se fout de ma gueule à me regarder comme un demeuré, ou mieux, je suis peut-être dans sa tache aveugle… pas besoin d’exister si on ne sait pas regarder. Une nuit, je lui mettrais un voile pour la remercier et la réchauffer. Elle m’accompagne souvent dans mes insomnies. Et puis, grâce à elle, mes nuits sont un peu moins sombres. Je lui demanderais ce qu’elle souhaite ou si elle ne plus me voir. Peut-être que c’est pour ca qu’elle se cache tous les matins, qui sont parfois des soirs pour moi. Dans son rayonnement doux et pâle, elle me susurre de ne pas vraiment m’attacher à moi mais aux autres, à errer à deux, à trois, en jeux et par projet parfois fumeux. Et avec les sourires, nonchalants et discrets, on m’affirme que je n’ai pas à me prendre au sérieux, à ne pas être dépositaire de moi, et à continuer à sourire et entendre les autres me dirent d’arrêter mes âneries, et aimer le plus sérieusement possible. C’est un peu insaisissable comme terme aimer.
Voilà tout un problème.
Ça ne s’attrape pas, ça ne s’explique pas, surtout avec la question du pourquoi ?
J’inspire un bon coup.
Un peu comme de la fumée… mais peut-être qu’avec le comment on peut s’arranger ? avec l’autre ? comme tenter de faire un doux foyer et voir comment notre fumée s’échappe, s’exprime dans une danse au gré du vent.
Bordel je suis vraiment défoncé
J’irais bien me coucher, je travaille demain. J’entends les oiseaux chanter.  
Il y a assez de contraintes dans la vie pour s’en rajouter.
Je vais encore rester et attendre la brume se lever. 

fumée par quelqu'un de différent du différent

théologie et géométrie
© 2021 un peu quatre

art par SamD et kiwi vert

drapeaubelge.jpg
bottom of page