(j'ai quasi atteint la limite de pages de mon forfait donc dorénavant les projets d'un thème commun tiendront sur une même page.)
école par la dame de pique
Bonjour, aujourd'hui j'ai décidé de faire une interview pour savoir des choses sur l'école voici 😁 :
Moi : Bonjour j’ai une question pour vous c’est quoi l’école ?
Augustin : C’est travaillé, c'est jouer et dessiner
Moi : super , ah voici une autre réponse.
Moi : bonjour pour vous c'est quoi l'école ?
Maureen : Un endroit où les enfants se sentent en sécurité, apprennent plein de choses et sont heureux 😀😁
Moi: super
Moi: Et pouvez - vous répondre à une autre question ?
Maureen: d’accord
Moi: Quel est votre meilleur souvenir à l'école ?
Maureen: Il y a 3 ans le projet conte (On a repris une histoire et on l'a jouée en pièce de théâtre)
Moi: cool
Moi: ho,bonjour madame. J’ai une question, je fais une interview pouvez vous me répondre
Moi: Quelle est votre meilleure souvenir à l'école?
Harmony: heu, c’est quand ma prof de 4èmes primaire ma dit que j' étais forte en maths.
Moi: ça vous a aidée pour vos études?
Harmony : non
Moi : Merci
Maintenant passons à la nouvelle question.
Moi: Bonjour Madame, Pouvez-vous répondre a ma question?
Yolande : OK
Moi: Que préfériez vous à l'école?
Yolande: la récréation car on jouait tout le temps à l’élastique
Moi : Et votre matière préférée ?
Yolande: MATH️️️S ➕️➖️➗️X😜
Moi: Bonjour, je fais une interview Pouvez- vous répondre à ma question?
Anne : OK
Moi: Que préféreriez-vous à l'école ?
Anne: le français
Moi: Que préfériez vous en français ?
Anne: La lecture.
Moi: Super
Voilà mon interview est finie j'espère qu'elle vous a plu et à la prochaine!
Fauve par le deux de cœur
Je m’appelle Fauve, c’est ce que je suis,
J’ai toujours l’impression de mal faire les choses. Tout ce que je fais me semble mal fait à mes yeux. Je ne me m’aime pas trop, pas assez je pense.
J’ai choisi de travailler comme puéricultrice dans une crèche.
J'ai fait ce choix à l’école déjà. Je n’aimais pas ma première école, ni les enseignants ni les élèves. J’ai choisi de m’investir dans une formation avec plus de cours que j’aime dans une autre école. J’ai eu du mal à m’intégrer. Les autres élèves de ma classe se connaissaient déjà beaucoup et je n’avais pas grand-chose à leurs offrir. Mais j’ai quand même, en persévérant, réussi à faire quelques rencontres.
J'ai souvent difficile à comprendre ce qui fonctionne mal chez moi. J’ai pourtant toujours continué à essayer de rencontrer de nouvelles personnes pour m’accompagner dans la vie. Je me sens spécial, différente et cela me fait parfois souffrir. Je suis souvent lente pour comprendre ce que les autres disent et je prends du temps pour trouver le mot juste à répondre. Mais il y a d’autres choses dans lesquels je suis douée.
J’aime mon travail par exemple, j’aime travailler avec les enfants. Je me sens bien avec eux et je me sens compétente dans ce que je fais. J’aurais aussi bien pu travailler avec des animaux. Peut-être que je changerai un jour mais j’aime ce que je fais aujourd’hui.
L’autre jour j’ai rencontré un garçon. Nous étions en vacances avec des amis communs. Il est très gentil, souriant avec tout le monde. Je l’apprécie bien. Durant ces vacances nous avons dormis ensemble. Je suis très contente de l’avoir rencontré. Même s’il ne se passera peut-être plus rien, j’ai passé un beau moment avec lui. Et si je veux le revoir, je n’aurais qu’à le rappeler. Je n’ai pas envie de l’oppresser car j’ai appris avec le temps qu’il faut éviter de trop se projeter.
J’ai connu d’autres hommes dans ma vie évidemment. Mais, j’ai toujours souffert de ces relations. Ils n’ont pas toujours été adéquats avec moi, je me dit que c’est peut-être ma faute. Je vois autour de moi beaucoup d’autres filles avec leurs copains qui semblent très bien. Je n’ai peut-être pas encore très bien compris comment cela fonctionne. Je sais aussi que ces filles sont mieux que moi. Elles sont plus jolies, plus drôles, plus intelligentes… Parfois je rêve qu’on puisse échanger nos corps. Ma vie aurait été totalement différente avec leurs corps. Mais je suis ce que je suis et je dois l’accepter, même si c’est difficile. J’espère qu’un jour ma singularité plaira à un homme.
J’ai du mal a comprendre ce monde et les gens qui m’entourent. Je fais pourtant le plus d’effort que je peux mais je pense que je ne suis pas assez bien pour les autres. Je pense parfois à partir loin mais je ne le fais pas. Je pense que je n’ai pas les capacités de me débrouiller seule. J’ai besoin que quelqu’un m’aide dans ma vie. J’aimerai voir dans le regard d’une personne que je suis particulière mais avec une vision positive de cette particularité. Je ne serais pas une ratée toute ma vie. Je vais trouver quelqu’un et ensemble nous serons heureux. Je serais parfaite pour lui et lui parfait pour moi. J’aurais su créer un monde plus beau, plus accueillant.
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Ils m’appellent Fauve, sans même savoir ce que je suis,
J’ai toujours eu des difficultés dans la vie. Rien ne va comme je le veux. Les gens me font vivre un enfer. J’ai parfois l’impression que tout le monde est contre moi et que la vie à décider de me faire souffrir.
La vie m’a amené à travailler comme puéricultrice dans une crèche.
A l’école, les enseignants ne prenaient pas le temps de me faire comprendre les cours théorique que j’avais. J’ai dû changer d’option pour trouver des professeurs plus attentifs et accompagnants. Les autres élèves de ma classe m’ont tout de suite prise en grippe. Je ne sais pas ce qu'ils avaient contre moi. Ils m’ont très rapidement isolé du groupe. Les gens ont tendance à toujours vouloir me changer. Ils ne m’acceptent pas comme je suis. Ils sont, pour moi, trop durs, trop simples. J’ai décidé de m’isoler dans les livres et la musique. Et cela m’allait très bien.
Je ne comprends pas ce que les autres ont contre moi. Les gens sont méchants et sournois. Je me sens mieux si j’en vois moins. Mes connaissances m’ont toujours déçu. A Chaque nouvelle amitié, une nouvelle déception. Pourtant moi je donne aux autres, comme dans min travail par exemple.
Mon travail me correspond bien. Travailler avec des enfants me convient bien car ils sont bienveillants. Le secteur du soin animalier me plaisait aussi. Les animaux et moi nous comprenons bien également. Si la vie me joue des tours, je pourrais toujours me réfugier dans ce secteur, une sorte de plan B.
Lors de vacances récente, j’ai fait la rencontre d’un garçon. Il essayait de me plaire. Toujours fort sympathique, toujours souriant avec moi. Nous avons passé une nuit ensemble et puis plus rien. Je vois qu’il commence à sourire à d’autres femmes aussi. Je vais attendre de voir s’il revient vers moi. Sinon, tant pis pour lui.
Ce n’est pas le premier homme que je rencontre. Ca a toujours été de mauvais copains. Je ne sais pas ce qu’il y a chez l’homme qui le rend si particulièrement con. S’ils n’étaient pas bien avec moi c’est qu’ils n’étaient pas capables de voir ce que j’ai à offrir, alors tant pis pour eux. Cela ne me fait rien. Je suis bien toute seul. Pas de déception, pas de compromis, pas de faux semblant. La liberté et la tranquillité pour moi.
Je trouve que le monde est injuste, que les gens sont méchants entre eux. Je ne me sens pas bien dans cette société d’individualistes et d’égoïstes. Chacun pense à son propre confort pendant que les plus riches s’en mettent plein les poches avec notre sueur. Ce monde me dégoute. Les moments dans ma vie ou je me suis senti le mieux c’était lors de voyage avec de nouvelles personnes. Dans les autres cultures les gens sont plus justes, plus transparents. A mes yeux il y a peu de chances que je finisse heureuse ici. Surtout avec cette météo. Il y a trop de choses néfastes pour moi. Je pense qu’il faudra que je parte. Le monde sera surement plus beau ailleurs, plus accueillant.
école par le huit de carreau
C'était pas mieux avant par la reine de trèfle
Il y a quelques mois, les grands-parents ont été invités dans la classe de mon petit-fils pour parler de l'école de leur enfance.
J'y suis allée bien entendu et je me suis sentie presque une impostrice. A entendre les témoignages, on avait l'impression que l'école était un camp de torture dans lequel on avait intérêt à bien se tenir sous peine d'un coup de latte ou d'un bonnet d'âne. Qu'on devait se mettre en rang avant d'entrer en classe et que si on en déviait, on passait des heures au coin ou à genoux sur une marche.
Les enfants faisaient les yeux ronds et j'imagine qu'ils se disaient qu'ils avaient de la chance d'être dans une école aussi cool.
Une dame ne voulait même pas témoigner - pourquoi était-elle venue alors ? - car elle craignait de perturber les enfants. Elle a juste dit qu'elle ne voulait pas se lever le matin car elle était traumatisée chaque fois qu'elle franchissait les murs de l'école. Non parce qu'elle était victime de harcèlements mais parce que les instituteurs étaient des tyrans et qu'elle croulait sous les devoirs et les leçons. Elle semblait pourtant avoir mon âge et, personnellement, je n'ai jamais considéré l'école comme le bagne. J'étais certes une bonne élève pas trop rebelle mais je n'ai aucun souvenir d'une de mes camarades humiliée parce qu'elle avait raté un examen ou oublié de faire un devoir. Et pourtant, j'étais dans une école catholique dans laquelle les religieuses n'étaient pas forcément tendres.
Pour moi, l'école c'était surtout les récrés, les papotages avec les copines (eh oui pas de mixité à l'époque), la corde à sauter, ... Il y avait des devoirs, bien sûr, qui ne m'amusaient pas du tout - et les leçons encore moins - mais pas de quoi traumatiser le peuple. Ce que je détestais par dessus tout c'était la cantine car les repas chauds n'étaient pas aussi bons que ceux que dégustent les enfants d'aujourd'hui. Et j'enviais ceux qui avaient la chance d'aller au repas tartines. Ce qui ne m'a pas empêchée de mettre mes propres enfants au repas chaud tellement, il faut bien l'admettre, c'est un soulagement de ne pas devoir concocter un repas équilibré tous les soirs.
Les grands parents qui étaient dans la classe d'Alix avaient énormément de choses à raconter. L'instit avait parfois du mal à arrêter ceux qui étaient lancés dans un long monologue. Ils ont même parlé de la guerre et de leurs traumatismes liés à cela (ça c'était quand même des très vieux grands-parents) ou des traumatismes que leurs parents leur avaient transmis. On s'éloignait du thème du jour qui était l'école mais les enfants semblaient intéressés. Quelques-uns du moins.
Certains avaient amené des objets qu'ils avaient gardés de leurs primaires et, après les discours, les enfants ont pu s'essayer à écrire avec une plume ou à coudre. Ca c'était plutôt rigolo. Ce qui m'a surtout épatée c'est que ces personnes avaient encore leurs plumes, des crayons, leur cartable, ... Moi je n'ai plus rien de tout cela. Quand on n'en avait plus l'usage, on donnait. Suis-je une mauvaise grand-mère pour n'avoir pas pensé à demander à mes parents de garder ces accessoires dans l'éventualité qu'un de mes futurs petits-enfants en aurait besoin pour épater ses copains ou sa prof ?
Plusieurs grands-parents avaient été à l'école dans un autre pays, voire un autre continent, et avaient donc plein d'anecdotes intéressantes à raconter comme le fait qu'ils avaient cours dehors, le matin uniquement, ...
La conclusion que je peux tirer de ces rencontres, c'est que, comparativement à ceux qui se sont exprimés, j'ai eu une vie scolaire on ne peut plus pépère. Je n'ai aucun souvenir traumatisant ni exceptionnellement heureux.
Cependant, il est clair que si je devais choisir entre aller à l'école hier ou aujourd'hui, je choisirais aujourd'hui car, outre le fait qu'il y a moins de devoirs, les enfants font bien plus d'activités intéressantes que par le passé. Comme aller au théâtre, faire un journée sportive, une journée vélo, des sorties culturelles... Nous, nous avions une excursion par an, à la fin de l'année et c'était un condensé de bonheurs. Nous ne partions bien évidemment pas en "classe verte". Nous n'étions pas "copains" avec nos instituteurs, aucun parent ne participait à une activité, que ce soit pour venir présenter son travail ou pour accompagner un groupe. Les trois premiers de la classe recevaient un "prix", ce qui frustrait fortement les autres, même s'il s'agissait en général d'un livre plutôt inintéressant.
Les enfants d'aujourd'hui ne se rendent pas compte de la chance qu'ils ont de pouvoir aller dans des écoles à pédagogie active. Je les envie un peu mais j'en suis très heureuse pour eux. Peut-être que dans 50 ans, mes petits-enfants seront jaloux de l'école des leurs.
school by le sept de table
Note: inspired by/as a music video for the song Lunacy by SWANS (time stamps refer to the track).
The action unfolds at a slow/eerie pace up until the end of the track (6:08) where it goes to real time speed.
EXT. SCHOOL YARD. DAY.
0:00 — A hot summer day.
Silence.
Empty school yard. Everyone is in class.
Through a classroom window: pupils are sat at their desk, all working by themselves.
Condensation forms on the inside on the window.
INT. CLASSROOM. CONTINUOUS.
Sun beams coming through the window of a classroom.
The classroom is quiet.
A pupil, AISLING (female, 12), wakes up from a unexpected nap on her desk.
She looks around: the pupils are all working in silence.
The teacher's desk is empty.
Something's off.
Whispers heard to her right. She turns to look:
Three pupils, the BULLIES (males, 13), are not working. They laugh amongst themselves.
One of them, RED, lowers his hand to reach inside his backpack.
He takes out a FLIP KNIFE, and brandishes it in front of his mates.
They recoil at its sight.
So does Aisling.
Red flips it open: it's just a COMB.
Red combs his hair as the three of them laugh at it.
1:10 — Aisling is concerned.
Something's still off.
Red nods in the direction of the teacher's desk, and laughs.
Aisling turns to the teacher's desk: why is the teacher not back yet?
Aisling turns back to the bullies: they play with the flip comb pretending to mug each other.
Aisling turns to the other pupils: they are all focused on their own work.
Aisling turns back to the bullies: they play at stabbing each other with the flip comb.
They pretend dying of the stab wound.
Aisling gets nervous.
A PENCIL falls from her desk.
The bullies turn to her.
Aisling freezes on the spot.
They hold their gaze on her.
Aisling looks down and away from them.
They laugh behind her back.
Aisling looks back at them from the corner of her eye.
The bullies simulate holding someone down and stabbing them with the flip comb.
They nod to the LARGE CABINET at the back of the classroom, simulate pushing someone in it, and locking them up.
Aisling pieces things together:
The missing teacher.
The bullies.
The flip comb/knife.
The cabinet.
Aisling feels faint.
INT. CLASSROOM. VISION.
2:20 — Two of the bullies hold the TEACHER (male, 30) down on the desk.
Red approaches with a KITCHEN KNIFE.
The teacher struggles to get free, but the bullies push him back down.
Red brandishes the kitchen knife above the teacher in a ritual fashion.
He thrusts it in the teacher's heart.
Red pulls out the knife.
And stabs the teacher again.
And again.
And again.
INT. VISION. CONTINUOUS.
The three bullies carry the teacher's dead body to the back of the classroom.
Red opens the cabinet.
They shove the body inside of it.
And close the cabinet.
End of vision.
INT. CLASSROOM. CONTINUOUS.
2:56 — Aisling looks terrified.
She eyes the bullies.
Then the backpack.
She dives for it.
She searches inside the backpack for the kitchen knife.
Red looks at her and stops laughing.
He pulls her away from his backpack.
She fights back.
The other pupils look up from their desks.
One of them runs out of the classroom to fetch an adult.
Aisling and Red struggle.
The next door classroom TEACHER (female, 28) enters, followed by the pupil who left the classroom, and one or two of her own pupils.
The teacher separates Aisling and Red.
Aisling protests to the teacher.
The teacher looks confused.
Aisling goes to the teacher's desk and rummages through the drawers to look for the kitchen knife: nothing.
The teacher draws her away from the desk.
Aisling struggles.
She turns to the cabinet at the back of the class.
She runs for it.
All the pupils look at her confused and scared.
Red signs her being mad.
Aisling opens the cabinet wide.
It's empty.
She turns around.
Everyone is looking at her.
Aisling is terrified.
4:09 — Their teacher comes through the door, a BOX in his hands.
They all turn to him.
Then to Aisling.
INT. CORRIDOR. DAY.
Aisling stands in the corridor, looking inside the classroom.
The HEADTEACHER (50's) and a SECURITY GUARD (male, 40's) talk to her. She isn't listening.
From the window in the classroom door, she sees her teacher opening the box he carried: it's a BIRTHDAY CAKE.
He takes out the kitchen knife from Aisling's vision.
Aisling protests to the headteacher and security guard.
She screams as she is taken away by the security guard.
INT. CORRIDOR. CONTINUOUS.
The headteacher leads the way as Aisling is dragged through the corridor by the security guard.
As they pass classes, pupils get out to see what's going on.
As their respective teachers get them to return inside their classes.
INT. HEADTEACHER'S OFFICE. DAY.
4:42 — Aisling sits on a chair facing the head teacher's desk.
The headteacher is in his work.
Aisling waits, helpless.
6:08/end of track — A child scream breaks through the music.
The headteacher runs out of his office.
Aisling doesn't move. She knows what just happened.
THE END.
école, université, immobilité par le valet de chambre
école
J’ai loupé le spectacle du petit mais il ne l’a pas su parce que le temps qu’il rejoigne la famille après coup j’étais là à l'attendre en souriant. Kids remember who showed up. Victoire. Je suis épuisé, je n’ai pas dormi de la nuit et j’ai dû dormir deux heures la précédente. Avec une en plus en comptant la sieste encauchemardée. Le cumul est violent. Trop. Je devrais être en train de dormir, quinze heures passées ou non. La grande a une chanson qui vient plus tard donc je reste. Je suis là et je ne suis pas là. J’entends à peine l’histoire du type en pleurs à côté de moi, une connaissance ou un ami à lui est condamné, un truc au cerveau, il en a pour deux ans à vivre au mieux. Ca me fait penser à Max dont j’ai appris récemment qu’il a un emphysème, une merde aux poumons qui le tuera avant quarante ans. Soixante cinq s’il arrête de fumer. Donc quarante ans. Imbécile.
L’école a changé et elle n’a pas changé. La seule réelle nouveauté depuis mon départ c’est le trisomique à la grille qui vérifie si les gosses qui sortent en ont l’autorisation. La grande une fois l’a arnaqué pour aller s’acheter des bombèques à la supérette hors de prix pas loin, le thrill de l’interdiction. Elle aime un peu trop faire des trucs qu’elle n’a pas le droit de faire. On verra où ça mène. C’est une chouette école, je pense. Je m’y suis encore bien amusé, même si j’ai préféré celle d’avant séparation parentale.
J’en ai marre et maman en a marre et les spectacles sont terminés. On attend que le petit cesse de danser sur scène pour rentrer. Il ne traîne pas trop : il sait qu’une glace l’attend dans la galerie marchande. Et en plus un des écoliers a eu l’indécence de toucher à sa casquette...
Maman et lui prennent une glace caramel. Le petit veut comme moi alors je prétends que je prends pareil. Je prends spéculoos, parce que spéculoos c’est nettement meilleur.
En se dirigeant vers la sortie on croise ma sœur, la tante du petit. Elle aussi était à la fancy fair, elle s’est évadée plus tôt pour faire les pré-soldes. Elle s’est acheté un truc et un autre truc, je suis trop fatigué pour écouter. Surtout que je m’en fous. Son idée je crois était d’éviter la foule de début juillet, mais au vu du monde elle n’est pas seule à y avoir pensé. Le petit groupe parle pendant que j’essaie de ne pas m’endormir debout. Et puis soudain j’aperçois Sophie avec son compagnon et leurs deux mini bouts et mon corps se réveille sec, comme si j’avais agrippé une clôture électrique inutilement survoltée.
université
On est à Dublin avec Nathan, un ami plus vraiment ami à ce stade. Encore moins aujourd’hui. C’est la veille du retour. J’avais la grippe en arrivant, je lui ai refilé, on est tous les deux malades et tendus. On est tous les deux tendus en continu, grippe ou non, en fait. On mange un bout dans un resto sympa, on fête la fin. A ma gauche un futur couple en est à son premier rencart. Ca se passe bien même si le mec est fort maladroit. On en discute ouvertement en français, ils entendent tout et ne comprennent rien. On s’amuse. Il commence à parler de ses regrets. Nathan. Changement d’ambiance. Et toi ? qu’il me fait. Je dis que je sais pas trop, que j’ai rien qui me vient. Mais je pense à Sophie.
On est en première année, un peu avant la fin du baptême. Les rares bleus présents sont chargés de nettoyer le cercle. On est en 2010, à l’époque les gobelets sont jetables, en plastique mou. En fin de soirée on ne voit plus le sol, que des verres vides et moins vides. Avec Sophie on s’occupe de tout foutre dans une poubelle qui se remplit trop vite pour la quantité de gobelets à jeter. Elle se marre, dit qu’on n’y arrivera jamais. Je lui dis t’inquiète, tiens ça fermement, je vais nous gagner de la place. Elle est perplexe mais obtempère. Je saute dedans d’un bond, c’est haut mais je suis plutôt très souple malgré mon évidente absence de sportivité. J’écrase le tout façon foulage, un vrai pressoir humain. Elle s’esclaffe, t’es génial en fait comme gars. C’est tout con mais ça me fait plaisir. C’est la première fois qu’une jolie fille me fait un compliment.
On textote un peu, puis beaucoup, pour la première fois de ma vie je me dis peut-être que. Soirée cobleus quelques semaines plus tard, mais j’ai un autre engagement, un truc famille. Elle insiste lourdement pour que je vienne, je n’aime pas qu’on insiste. C’est qu’une soirée. Après le kot ils vont en Casa. Je les y rejoins. Tard. Je la cherche, je ne la trouve pas. Et puis si : bras-dessus bras-dessous avec un cobleu. Ils s’éloignent. Ce n’était peut-être pas qu’une soirée. Ca me pince un peu le cœur mais ça va encore, je ne la connais pas si bien que ça. C’est la vie. Ils resteront deux ans ensemble.
maintenant
On s’en fout de Sophie. Oui, quatorze ans plus tard elle est encore magnifique, et même plus belle qu’avant, ce qui est dingue. Je suis content pour elle, la petite famille a l’air heureuse. On s’en fout de Sophie. Mais j’y pense souvent, et aujourd’hui tout particulièrement. A cette soirée. Est-ce que..? Et si..? Et puis quoi ? Une toute autre trajectoire pour ma vie ? Sans doute pas. La normalité ? Peu probable. Mais peut-être que ça aurait débloqué un truc.
encore maintenant
Quand je déprime je me pose toujours la même question : quand est-ce que tu vas commencer à vivre ? Sophie tantôt c’est ce rappel à mon immobilité. Qu’est-ce que je fous ?
école : qu’est-ce que tu veux faire ?
université : qu’est-ce que tu vas faire ?
maintenant, et depuis 2017 : qu’est-ce que tu fous ?
Qu’est-ce que je fous ? Je sais, je sais : je vis. Bien sûr que je vis. D’ailleurs c’est quoi vivre ? Je sais, oui. Mais putain j’espère que c’est autre chose. Autre chose de mieux. Parce que si c’est ça vivre je ne suis pas sûr que je suis intéressé.
Qu’est-ce que je fous ? donc. J’attends, je crois. Quoi ? Je l’ignore. Mais autre chose.
Courir à l’école par le valet de pied
A Momo d’Emile Ajar
Ca fait des plombes que je joue avec mon bic. Il est super grand. Pourquoi tout est si grand ?! C’est déjà compliqué d’écrire et de dessiner mais avec ces trucs c’est encore plus dur. Comme avec les verres, j’en renverse partout ; les fourchettes aussi c’est la galère. Franchement, il faut arrêter de faire tout en grand, c’est pas pratique ; bande de mégalo. Mais les glaces et les chips peuvent continuer à grandir, les olé aussi et les snickers, c’est trop bon ça ; ou les verres de caco. Ah j’ai faim ?! J’ai envie de gougounes. Celles qui piquent parce que c’est plus amusant. Ca gratte la langue. Une fois, mon tonton en a tellement mangé qu’il s’est ouvert la langue. J’aime bien mon tonton, il est bizarre et marrant. Il fait dodo le jour et écrit des livres.
Je balance mes jambes comme ça je cours dans le vent. Ca fait passer le temps et puis j’entends rien de ce qui se dit dans le bureau. Tout ce que je sais c’est que ça va être long et qu’on parle de choses qui ne me concernent pas vraiment. En fait si, j’ai déconné avec Karim. Mais faut comprendre, il a dit un sale truc ; ça ne se fait pas entre copains, alors ça m’a surpris et puis ça a explosé ; c’est parti tout seul : un éclair m’a transpercé, le bide a chauffé et j’ai fermé les mains…
C’est parti en couille.
J’attends Maman. Elle est souvent en retard mais j’ai pas à me plaindre. Elle fait tout ce qu’elle peut pour s’occuper de moi et c’est un peu la galère quand tu es toute seule. Donc, quand elle est en retard c’est pas parce qu’elle a pas le temps. Avec elle, le temps ne la prend pas. Son retard montre sa liberté car elle l’utilise pour d’autres trucs. Je sais pas si je suis clair, j’ai du mal à me faire comprendre ; déjà parce que j’invente des mots. Par exemple, je dis caco mais ça parle de la boisson rouge et noir qui pique dans la bouche quand on la boit. Par contre ne rigolez pas quand vous buvez ça parce que ça vous défonce les narines.
Alors dire caco peut être marrant mais à la longue c’est chiant. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai ce problème avec d’autres mots. Mais pas tous… On m’a dit que j’étais malade ; un truc encore plus difficile à dire. Ma mère me dit que c’est parce que j’aime le désordre, c’est pour ça que c’est le bordel dans la chambre, la maison, dans les mots et un peu dans le ventre. J’aime pas de parler de maman en disant ma mère… c’est bizarre. Après grâce à ma maladie, je peux voir la golopède, c’est super dur à dire aussi alors je l’appelle madame Zoé. Elle est cool et gentille, madame Zoé ; Elle me donne des sucettes alors que je dois juste faire tourner la langue. Ah les sucettes, elles peuvent aussi rester grandes. J’aime bien lui faire plaisir, elle a un rire d’otarie ; c’est chouette !
En fait, ma maladie fait que les mots sautent partout et quand je veux dire un truc ça sort pas comme dans ma tête. Pourtant, j’essaye de les attraper mais ça marche pas et c’est super énervant, vu que l’autre comprend rien, alors je crie pour mieux me faire comprendre mais ça marche encore moins bien. On me dit alors de me calmer donc je fais des crises parce qu’il y a rien de plus énervant de vous dire de vous calmer quand vous êtes énervé…
C’est évident mais pas pour les grands.
Mes crises, c’est un espèce de choc électrique qui vient, un truc de fou, ça tire, ça sert, et ça fait des décharges, … vous êtes obligé de faire des trucs, de bouger ou sinon j’éclate. Je vibre à l’intérieur, je vibre tout le temps surtout quand je pleure. Bon oui ?! Je vous avoue que je pleure un peu mais pas trop en fait, parce que les potes se moquent de moi quand ça coule tout seul. Donc faut se cacher et être discret. Le truc qui marche pour moi ; c’est que je cours dehors. C’est un truc très utile dans la vie ça ; courir.
A l’école, on ne peut pas courir tout le temps ; Faut rester sur le banc, ce grand banc, où on peut même pas dessiner dessus. J’ai appris ça il n’y a pas longtemps. Pourtant, je trouve que ça les décore. J’avais fait un truc super cool avec des pirates, des bateaux et des oiseaux. Mais quand j’ai montré à Madame, bah ça lui a fait une surprise ; mais pas la bonne, celle qui fait pleurer. J’aime pas ces surprises-là alors je crise : Parce que ça me rappelle aussi des mauvais souvenirs. Mais je ne vais pas vous en parler parce ça vous ne regarde pas, puis vous risqueriez de vous inquiéter et vous pitoyer sur mon sort. Je voudrais surtout pas non plus que vous appeliez les sévices sociaux : C’est des gens qui viennent vous prendre de la maison pour vous foutre dans un truc ciatrique ou pire ; dans une nouvelle famille.
Les grands ça s’inquiètent beaucoup trop.
Après de toute façon, même si j’explique, vous comprendrez rien. Madame dit que je suis difficile à comprendre et que je dois arrêter avec mes crises, parce que j’arriverai à rien à l’avenir. Je pense que c’est faux ; il y a plein de gens qui font des crises et qui arrivent à quelques choses. A la télé j’ai vu un monsieur faire des crises et tout le monde l’applaudissait. Je peux devenir écrivain aussi comme tonton l’enchanteur. Ma Maman me lit parfois de la poésie, et comme j’y comprends rien, je pense clairement qu’il a moyen… Ah bah non vu que Madame Emeline dit aussi que je sais pas écrire correctement… Je l’aime bien Madame Emeline, elle est tout en sucre, et enrobée c’est plutôt pratique. Quand je cours vite, je vois qu’elle est vite essoufflée donc je m’arrête mais j’aime pas quand elle crie, donc je continue. Quand ça arrive, elle perd beaucoup d’eau, dans la bouche et sur ces vêtements, ça m’inquiète : j’ai pas envie qu’elle attrape une maladie du cœur comme Mamie. Alors je lui crie d’arrêter. Mais ça marche pas parce qu’elle crie encore plus.
Ah bah je pourrais aussi devenir une madame Emeline plus tard.
Le temps que maman termine, je vais vous expliquer un truc et peut-être que comme ça vous pourriez m’aider. C’est un peu le bordel à l’école, je comprends pas grand choses et puis, il y a plein de truc à faire. A la maison, c’est pas mieux, j’arrive pas à dormir, et, maman a un peu de mal parfois mais je dois me faire discret parce que la dernière fois que j’ai parlé de ce qui se passait à la maison, ça a fait peur. Faudrait pas que les assistants de l’internat viennent nous chercher, moi, mon petit frère, Samy, et les chats. Samy, il est cool mais il parle pas beaucoup, en fait, il pleure la plupart du temps. Je préfère les chats. Ils viennent dormir le soir. Ils sont super cools aussi mais pas comme mon frère, ils s’appellent Ronronnettes, Kalypso, Grosse plume, Picka et Flamingo. Je leur fais des câlins le soir mais bon parfois ça les emmerde donc il griffe un peu. Ca m’apprend que parfois on a pas envie de câlins. Mais ils sont super gentils et vibrent avec moi et quand maman est pas là, ils me tiennent compagnie. Comme Maman est libre, elle a parfois pas le temps de faire mon gouter, alors je dis que j’oublie mes tartines. Vous savez, Maman, elle est très occupée, faut pas lui en vouloir, parce que quand elle est là, elle me fait des câlins ; c’est les meilleurs du monde. Elle a la peau super douce, sent super bon et fait des petites doudouces sur le front, c’est une experte dans son domaine, elle a comme un super pouvoir, ça me calme direct. Je pense d’ailleurs qu’elle en fait son métier. Mais je sais pas trop, j’ai pas tout compris. Bon bah je vous avoue que c’est Karim qui m’a parlé de ça ; mais pas de la bonne manière. Ça m’a énervé, et ça a explosé, c’est dommage parce que je l’aime bien Karim, il est super cool. Mais il peut pas parler de ça, il a dit que ma mère aime les dolomites, c’est pas ça le mot mais j’ai compris que ça avait un rapport avec l’argent et le cul : deux choses super importantes dans la vie selon Kévin. Kévin, c’est le grand de l’arrêt de bus, il a la classe, parce qu’il est grand et est au fond du bus. Il parle fort et parle beaucoup de cul, et de trop bonne aussi. Pour moi, le popotin c’est pas un truc que j’aime, j’ai souvent eu mal dans cette zone même quand on m’a dit que c’était pour mon bien ou pour le plaisir.
D’ailleurs, Maman m’avait dit une fois qu’elle connaissait des dames qui se défendaient avec leur cul. Elle en avait fait un système de défense, c’est pas bête en fait parce que les garçons ça ne sait plus donner de la tête avec certains culs. Faut bien se défendre avec ce qu’on a. Moi aussi parfois j’essaye d’être mignon et gentil pour avoir une glace.
Alors oui peut-être qu’elle se défend avec le cul mais ce n’est pas une raison pour qu’on l’insulte, elle fait avec ce qu’elle a et on a pas tous la même chance. Et puis parfois courir ne suffit pas.
Le problème avec Karim, c’est qu’on faisait un bricolage, j’avais un ciseau, c’est con parfois ça se joue à pas grand-chose les bêtises. En tout cas, j’ai jamais vu Madame Emeline comme ça, elle a tout de suite eu peur, c’est pas bon signe la peur, donc dans le doute j’ai pleuré avec et j’ai couru, fallait que je me cache parce qu’on allait peut-être me mettre à l’hôpital : pas l’hôpital qui vous soigne les dents quand elles font mal ; non ?! L’hôpital pour les fous, ou pire l’internat social.
J’aurai peut-être dû courir à l’insulte de Karim.
Ah les voilà qui sortent. Maman a son visage triste. C’est pas bon signe, elle s’agenouille devant moi et me fait un câlin. Elle me chuchote un « je t’aime » ; ça c’est comme les glaces, on s’en lasse jamais mais elle se relève vite pour aller au toilette…. Il y a un truc qui va pas et ça m’ennuie beaucoup parce que nos câlins durent des jours parfois. Enfin j’exagère mais c’est pour dire que c’est extrêmement bien. En plus, Maman est d’habitude pudique. Waww, j ai utilisé un beau mot ; je grandis.
Monsieur le directeur est là. Il est en costume cravate, ça fait très sérieux. Sa coupe de cheveux lui donne un air intelligent et sa barbe toute bien taillée a quelque chose de prétentieux. Parfois, on a le physique de ses idées. Il s’approche de moi. Il est tellement grand qu’il me regarde de haut: « Je suis désolé Augustin mais on a décidé de te changer d’école. Une école qui sera mieux fait pour toi.
-Comment va Karim ?
- Il va bien. Il est à l’hôpital. Mais cette bêtise est grave. C’est pour ça qu’on va devoir te changer d’école ».
Il n’est pas énervé, encore un mauvais signe. Ca commence à s’emballer à l’intérieur.
« Mais en échange d’une punition, je peux rester, Monsieur le directeur ?! Je veux pas partir, j’aime bien Madame Emeline et l’école aussi, vous un peu moins mais c’est pas grave, on peut pas aimer tout le monde. J’ai pas fait exprès avec Karim, je veux lui dire pardon, c’est mon ami.
-Je sais Augustin, mais ma fonction est de maintenir l’ordre, c’est une autre école qui s’occupera de toi, ne t’en fais pas. Ce sont des gens biens : un service spécialisé qui encadrent les enfants comme toi ».
Ce connard ne me connait même pas et pense qu’il y a des enfants comme moi. Je me dis peut-être que ma fonction, c’est foutre la merdre.
Il met une main sur ma tête.
Je veux lui mettre un coup de poing
Ca m’électrifie, et je vibre. Je n’aime pas les gens « bien » comme le directeur, et puis s’il parle des sévices avec les pleurs de maman, ça craint : Alors je crie intérieurement pour pas gêner maman et je me mets à courir. Je fonce le plus vite possible pour faire partir la pluie sur mon visage, pour pas faire de flaque, pour pas qu’on me fasse pas partir, pour que je rattrape le temps qui passe et lâcher les ciseaux avant que ça se passe, pour dire pardon à Karim, pour pas qu’on m’attrape.
Je m’arrête d’un coup, faut que je retrouve maman avant que je me cache.
Comme quoi, courir, ça ne suffit pas.
