La cicatrice, deux poèmes par la harpe noire
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I.
On a déposé un antidépresseur sur la tombe de Kafka
J'ai pensé au docteur
A Sarah
A ce qu'on aurait pu être
A la puissance d'un non
J'ai pensé à Matthieu tout à côté
(Matthieu magnétique)
Qu'à lui peut-être elle aurait dit oui
Peut-être pas
J'ai pensé à Kafka
Franz le clown triste
J'ai espéré que notre geste l'aurait fait sourire
J'ai supposé que non
On a déposé un antidépresseur sur la tombe de Kafka
Et de l'ail aussi
Parce qu'on trouvait l'idée amusante
Parce qu'il nous en restait
J'ai pensé à cette chance immense que j'ai d'avoir des amis
Et même un meilleur ami
(Si ridicules soient ces mots)
Des drôles des moins drôles des idiots des malins des gens bien
J'ai pensé à ces compliments reçus à onze ans
Qui m'ont transformé en écrivain
Un chemin tracé à la craie
La puissance d'un compliment
J'ai pensé au docteur
Sa gentillesse sa ténacité sa curiosité
Sa bienveillance
Sa beauté je crois
Je me suis demandé si les choses se passeront mieux désormais
Je me suis surpris optimiste
Et que voilà un changement majeur
Et que voilà un changement bienvenu
J'ai vu Prague vivre
J'ai vu Matthieu vivre
Et marcher
Et boire encore
Je me suis laissé à l'errance
J'ai marché sans but
Avec but
Avec lui
Je me suis imaginé marcher avec le docteur
C'aurait pu être bien je crois
Et puis après tout peut-être pas
C'est dommage un non ça clôture
J'ai réalisé que bientôt on aurait quinze heures de bus à subir
Et puis la Belgique
Et puis un patient
La routine
J'ai souri
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II.
(a tribute to Meg White)
the woman in black
behind the drums
behind the Man
behind the pain
the woman in black
with the publicity
with the anxiety
with the cigarettes
the woman in black
the touch of gold
the child's soul
the scars that follow
the woman in black
behind the drums
behind the Man
behind the pain
in the cold cold night
in the cold cold night