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miroir  par le kentrosaure kaléidoscopique

 

J’ai perdu ton miroir. Il était en papier, ou plus précisément imprimé sur une carte postale, et aussi dans les mains d’un passager asiatique ou faut-il dire d’origine asiatique, assis à l’arrière d’une moto. La dernière fois que je l’ai vu, il était couché sur le palier du premier étage  d’une maison de Schaerbeek. Je l’ai supposé en attente d’être remisé dans une de ces boites anonymes proche de la boite à chaussures. La boite des souvenirs oubliés.

Pas pour tout le monde. J’ai ma madeleine. Yves l’électricien philosophe auquel je l’associe ou  la route qui relie Pleiku à Kountum dans les montagnes du centre du Vietnam. Bien que là il faudra encore déterminer où est la poule et où est l’œuf. Pas simple. Je pense qu’il y a même plus de chance de trouver la photo, ou si vous préférez le miroir, et de me souvenir d’une moto transportant d’autres improbables comme une bassecour débordante ou une centaine de ballons de foot en plastique

 que l’inverse.

J’explique. Non, tout de même pas. Et puis çà ferait insulte à votre sagacité. Mais je m’égare comme toujours, et je vous l’assure, à quelques encablures des trois frontières il vaut mieux filer droit et t’accrocher à ton sac ou à ton miroir même si tu ne cherches pas de l’herbe qui fait rire.

Sans queue mais avec tête, voilà ce qui va nous arriver.

Je voulais redresser la photo du miroir, la placer face à l’autre miroir du palier, et ainsi vous parler de l’infini. Mais il est trop tard. Vous ne saurez pas non plus si le miroir était jeune ou vieux ni par quelle technologie savante vous auriez pu le déterminer. Tout çà parce que j’ai perdu ton miroir, et qu’il a été retrouvé par une autrice plus légitime que moi. Vous ne perdrez pas au change surtout si comme j’en avais l’intention, elle vous la publie en toute simplicité.

Bon aller. Une dernière pour la route. Tu prends un bic, tu l’approches à bout touchant du miroir, et si les pointes de touchent c’est qu’il vient de l’acheter chez Ikea. Si elles restent à distance même infime, c’est qu’il y a du mercure dans l’air, et qu’il l’a piqué à sa grand-mère.

Voilà, on y est. Une douche en vitesse, mon petit bagage et en route pour un aller retour dans le Nord-Pas-de-Calais pour les Arts, beaux de surcroit. On ne se quitte plus. Hier j’ai passé la soirée avec Van Gogh, et il m’a quitté prématurément après avoir peint son dernier tableau qu’on croyait abstrait mais qui ne l’était pas. Plus le temps d’écrire, alors j’étale sur ta palette.

théologie et géométrie
© 2021 un peu quatre

art par SamD et kiwi vert

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